A l’adresse des quelque 1 200 congressistes présents à ce rendez-vous organique, Hocine Aït Ahmed dans son allocution d’ouverture n’a d’ailleurs pas intégré dans son discours la question de la crise interne de sa formation, ayant préféré faire part de généralités autour des questions chères au zaïm dont sa conception de la démocratie et la critique systématique du » régime « . Ainsi le président du FFS a réaffirmé, à l’occasion, son refus de » toute abdication » sur les principes et de » toute tentation de céder aux sirènes du pouvoir à l’effet d’obtenir quelque gloriole « . Il a par ailleurs appelé à « édifier une deuxième république démocratique et sociale » en Algérie, précisant qu’il était « disponible et prêt à servir » pour un changement de régime dont il a qualifié le bilan de « calamiteux ».
« J’exploite toute issue pacifique possible », a-t-il lancé, jugeant « le statu quo » actuel « intolérable » et appelant les Algériens à « se rassembler, s’organiser, et mener des luttes aux objectifs clairs ». « Il faut bannir les pratiques d’intimidation, de torture, de violence », s’est écrié le président du FFS, appelant les Algériens à être « contre la guerre civile, la guerre contre les civils, contre toute violence ».
Evoquant la question du Maghreb arabe, Aït Ahmed a appelé à « l’élection d’un parlement maghrébin au suffrage universel » car, a-t-il estimé, « il y a urgence » à édifier au Maghreb « une société civile et démocratique ». Il est à remarquer que le leader du FFS, a quitté la salle juste après n’ayant curieusement pas assisté aux travaux du congrès. Parmi les personnalités politiques ayant pris la parole à la séance d’ouverture, Mouloud Hamrouche, ancien Premier ministre qui a particulièrement insisté sur « la situation de blocage » que connaît la scène politique et sociale en Algérie » à cause d”une approche éloignée des préoccupations et des attentes du peuple ». Il a, en outre, souligné que son pays n’a pas d’autre alternative que l’ouverture démocratique pour sortir du blocage actuel. Dans son intervention, Abdelhamid Mehri, ancien secrétaire général du Front de libération national (FLN), a souscrit à la démarche du FFS pour la création d’une dynamique de changement à travers notamment la mobilisation des forces politiques et de la société civile. Il a souligné que la consécration de la démocratie, qui était inscrite parmi les idéaux des pionniers du mouvement national, a été un « projet avorté » qui demeure inscrit dans l’agenda politique. Il a, dans ce sens, prôné un changement démocratique, sans exclusive, qui puisse réhabiliter le peuple dans ses droits.
Au second jour du congrès, hier, vendredi, la journée a été marquée par le point de presse de Karim Tabou, lors de laquelle il a nié toute crise interne au FFS, avec pour preuve, selon lui le » succès » des travaux du congrès.
Le congrès s’achèvera avec l’élection du Conseil national et du président du parti. A l’heure où nous mettons sous presse, l’on s’attend à la reconduction d’Aït Ahmed à ce poste, outre l’élection ou un autre mandat de l’essentiel de la direction actuelle, avec à sa tête Karim Tabou.
H.O.
