« Le symposium a regroupé des experts économiques mondiaux et des représentants des différents ministères et organismes intéressés. Lors de son intervention, M. Mohamed Seghir Babès, président du Conseil économique et social (CNES), a tracé les grandes lignes de cette nouvelle approche de l’économie. Cette rencontre a vu intervention de beaucoup de spécialistes de la Banque mondiale, à l’instar de M. Yves A. Duvivier, conseillé résidant à la banque. De son côté, M. Jean-François Rischard, expert à l’Institut de la Banque mondiale avait axé son intervention sur le thème du jour qui est l’économie fondée sur la connaissance (EFC). A ce propos, M. Rischard a estimé « qu’une nouvelle économie mondiale est en train de se développer à toute vitesse ».
Donnant des exemples réels sur l’impact de la connaissance sur l’économie et les avantages qu’elle peut générer, M. Rischard a ajouté qu’à Singapour, on décharge un bateau en l’espace de 20 minutes alors qu’en Afrique, le même travail se fait en 11 jours. Un écart énorme qui affecte de manière cruciale l’économie des pays.
Abordant l’économie fondée sur la connaissance, l’expert de la Banque mondiale dira que » les pays qui vont réussir dans cette nouvelle économie sont ceux qui ont construi leur économie fondée sur la connaissance « , a-t-il avoué.
Pour M. Rischard, l’EFC signifie adopter un état d’esprit libéralisateur. Il s’agit, pour lui, » de défaire et de délester, ceci va créer la liberté, la fluidité et l’égalité de chances. Il centre son intervention sur la stabilité, les incitations dans le domaine économique ». Par ailleurs, M. Rischard aborde le rôle du gouvernement « qui ne doit pas encombrer la voie tout en cessant d’être opérateurs lui-même ». Avec ces éléments qui créent un état d’esprit modernisateurs, il aide « à construire des institutions modernes, un Etat de droit ainsi qu’un bon climat des affaires », a ajouté l’orateur.
D’autre part, M. Rischard a estimé que pour récupérer le retard enregistré dans le domaine économique et de productivité économique et sociétal, « il faut être un bon régulateur, faire des bonds en avant avec une vision et une mentalité de gagnant ». Toujours dans le même ordre d’idées, l’orateur a ajouté que « des grappes porteuses, des platesformes d’affaires à fort pouvoir d’attraction compétitif des classes mondiales, sociétales impliquent d’être un challenger, un facilitateur et un intégrateur « .
Abordant un autre thème lié à l’économie fondée sur la connaissance qui est le système éducatif, M. Rischard a estimé que les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) et le taux de leur utilisation par les citoyens ainsi que le système d’innovation dans le domaine économique sont définies par le système éducatif. En plus de ces paramètres, M. Rischard a ajouté que « un gouvernement modèle doit faire son ouverture sur le monde et un dialogue national joint à une société de confiance qui favoriseraint une économie forte ».
Etant plus explicite, l’orateur a fait une comparaison entre différents pays. M. Rischard a estimé que la Finlande qui a le meilleur système éducatif au monde, l’Irlande qui a construit une économie basée sur les nouvelles technologies de l’information, la Malaisie qui a crée une synergie et un partenariat fort entre le gouvernement et le secteur privé, le Salvador avec un effort soutenu pour créer un pays gagnant et compétitif et enfin le Chili qui a créé des entreprises gouvernementales pour des secteurs clés, ont tous été soutenus par une économie basée et fondée sur la connaissance, notamment sur les disparités culturelles et régionales, a expliqué l’orateur.
Après un long exposé sur le thème,
M. Rischard a souligné que « beaucoup de pays gagneraient à repenser leur avenir en tant que EFC en pensant autrement, en pensant large, pensant multi dimensions et résultats ». Pour l’orateur, tout l’intérêt est dans l’éclairage de cette manière de voir.
Dans une petite autre intervention, M. Babès a estimé que » c’est le moment d’engager ce genre de réflexions, il faut qu’il y ait une impulsions « . Par ailleurs M. Babès joutera que le domaine de l’économie » il faut impliquer tous les acteurs dans les différentes strates « .
Avec cette nouvelle manière de voir l’économie, ce regard favorise la formulation d’une vision plus audacieuse et plus ouverte sur le monde, dont l’ambition même va pouvoir servir de levier pour changer les mentalités, tout est dans l’ambition de cette vision, tenait à résumer M. Rischard qui a répondu aux questions des participants. L’orateur a ajouté que cette vision risque de rester lettre morte » si elle n’est pas suivie immédiatement par vagues successives des milliers de changements à la base, car tout est dans la cadence et l’activisme de cette mise en œuvre », a-t-il soutenu. Abordant un autre volet, M. Rischard a estimé que » la véritable campagne EFC développée en tenant compte des caractéristiques locales peut accroître tant la cadence que le volontarisme de cette mise en œuvre, et mobiliser la nation entière », car, selon l’orateur, » tout est dans la qualité et le ressort de cette campagne « , a-t-il conclut.
Mohamed Mouloudj
