Une rentrée sociale redoutée

l Un ancien proverbe kabyle dit à peu près ceci en l’interprétant « les peines que nous vivons ne représentent rien à côté de ce qui nous attend ». A Aomar, aux yeux des habitants, ceci exprime plutôt l’incapacité financière des gens à faire face au coût actuel de la vie. Les charges qui se multiplient, puisque juste après les achats des cadeaux de mariages viennent ensuite les fournitures scolaires des enfants, et le petit budget qu’on doit consacrer au Ramadhan.

« Beaucoup de gens annulent des invitations à des fêtes et ne se présentent avec un cadeau qu’aux mariages des proches parents ». Sans parler de la saignée qu’ont connu les petits revenus, suite aux augmentations en cascade enregistrées par les denrées alimentaires, qui rappelons-le, n’ont jamais grimpé, toutes à la fois comme cette fois-ci. Cette rentrée sociale dira un lycéen de Aomar « est angoissante de par toutes les dépenses qu’elle va générer ». L’approche du mois de carême fait pousser des cheveux gris aux ménages de Aomar qui, voyant où en est le pouvoir d’achat, se demandent jusqu’où il faudrait serrer la ceinture. « Le déséquilibre entre le coût de la vie, et la rémunération du labeur enchaîne un jeune de la localité « n’est exprimé que par la population active, quant au drame que vivent les chômeurs… « .

A. Chérif