Les efforts déployés par l’association socioculturelle Tafat de la localité de Tadart Tamokrant, dans le sens d’améliorer la base de vie des citoyens de cette région enclavée, n’a pas pour autant suffi à rattraper le retard cumulé en matière de développement local et de modernisation de cette bourgade, jadis chef-lieu communal où le commerce fut florissant.
L’autogestion menée jusque-là en investissant beaucoup d’argent et d’efforts a porté une touche de plus à la localité par la création d’une modeste maison de jeunes avec un club informatique et la réalisation par des volontariats organisés d’un réseau AEP, de l’éclairage public et tant d’autres petits projets d’intérêt général.
Cela dit, la situation s’est dégradée suite à une multitude de problèmes touchant tous les volets ayant rendu pénible le quotidien des paisibles citoyens. La pénurie d’eau ressentie durant cette saison estivale est la goutte qui a fait déborder le vase, suite aux sempiternelles pannes touchant les pompes de refoulement.
Dans ce même contexte, les membres de l’association locale avancent que l’APC intervient à chaque coupure pour réparer la panne sans pour autant arriver à mettre fin au manque d’eau, car, selon nos interlocuteurs, le vrai problème se situe au niveau de la tuyauterie très vétuste et réalisée anarchiquement sans étude donnant lieu à une distribution non équitable.
Une autre galère et pas des moindres est celle de l’état délabré du CW 158 reliant cette localité au chef-lieu communal distant de 18 km en partant de El Khmis.
Quant aux autres petits villages limitrophes, à l’image de Tizi Ouchéne, leur piste est inaccessible aux véhicules. Cet état de figure a accentué l’isolement et l’éloignement de Tadert encourageant ainsi l’exode vers d’autres cieux plus cléments.
Outre l’assainissement de ces villages qui n’a atteint que 10 % selon nos interlocuteurs, la couverture sanitaire reste médiocre du fait de l’absence d’un médecin. Le réseau d’assainissement doit se renforcer et s’étaler dans tous les quartiers et villages, pour anéantir les fosses septiques et les égouts à ciel ouvert polluants, de mieux équiper la salle de soins en moyens humain et matériel et de procéder à l’aménagement de la voirie tout en songeant à désamianter le siège de l’agence postale. En matière d’infrastructure, l’Association Tafath dénonce le retard pour entamer les travaux de construction d’un CEM qui allégera les souffrances des collégiens éparpillés dans les établissements de Barbacha et d’Amizour centre.
Voyant tout ce manque qui ne cesse d’enfoncer davantage la région dans le gouffre du sous développement, les représentants de tous les villages de Tadart, à savoir El Khmis, Targua Ouirene, Tizi Ouchéne et Taguemount ont mené une série de réunions avec les responsables de la commune dans l’espoir de trouver des solutions à leurs problèmes, mais en vain.
Exacerbés, les habitants de ces localités ont marqué un sit-in devant le siège de l’APC le premier septembre qui a débouché sur des pourparlers avec leurs élus. Un autre rendez a été fixé pour le mois en cours entre les deux parties, avec la présence des services techniques et du chef de Daïra comme il a été exigé par les contestataires. Mais le commis de l’Etat étant, absent ce jour à,les délégués des villages ont préféré quitter la table des négociations.
Selon eux la présence du chef de daïra est indispensable du fait que l’exécutif communal a affiché son incapacité de faire face à toutes les revendications. Des membres de l’APC justifient cela que certains points soulevés ne sont pas du ressort de la commune, quant aux autres problèmes, ils exigent des sommes d’argent dépassant les capacités financières de l’APC.
Chaque partie campe sur ses positions pour l’heure. Les protestataires tablent sur une dernière occasion de négociation prévue pour la semaine prochaine, sinon, ils menacent de recourir à la rue. Du côté de l’APC, des élus interrogés soulignent que la commune renferme quelque 60 villages à prendre en charge.
Toutefois ils suggèrent que le seul moyen de développement rural réside dans le programme des PPDRI dont ils avancent qu’un dossier concernant Tadart Tamokrant est déjà déposé par les associations en question.
Dans l’expectative, ce grand village, comme son nom l’indique, renferme aussi des atouts qui peuvent assurer l’essor au développement de toute cette région.
Citons à cet effet la disponibilité des terrains communaux, et une situation géographique stratégique du fait que cette localité est située entre deux gisements miniers, Bouamrane et celui de Mardj Ouamane.
L’ouverture de l’ex-CW 158 qui s’ouvre sur Aboudaou retenue par le DTP est d’une importance capitale pour Tadart qui formera un carrefour névralgique par quatre débouchées dans le sens des points cardinaux.
Nadir Touati
