Le kilogramme de zlabia est d’ores et déjà fixé à 160 dinars chez le Tunisien de Draâ El Mizan alors que chez les fabricants occasionnels qui sont encore, à la veille du ramadhan entrain de transformer les restaurants, les garages ou n’importe quel local, leur prix sera sans aucun doute de 150 dinars.
Aussi, cette majoration de dix ou vingt dinars par rapport à l’an passé s’explique par les nouvelles augmentations intervenues entre-temps des principaux produits de base pour la confection de cet entremet, à savoir le sucre, la semoule ou la farine et l’huile.
« Tout a augmenté. Allez faire un tour au marché pour constater qu’en moins de vingt quatre heures, c’est carrément le double des prix affichés peu auparavant pour le comble. La salade a atteint les 80 dinars soit prés d’un million le quintal, c’est complètement dingue, mais cela ne va durer que les trois ou quatre premiers jours », nous a déclaré Aami Sliman, un retraité de l’éducation, avec dépit.
En effet, cette flambée des prix annoncée, depuis quelques trois et qui ne cesse de grimper à l’approche du mois sacré n’est pas une nouvelle chose.
« Nous avons été habitués dans les années du parti unique, non pas à la flambée des prix, mais à des pénuries qui nous occupaient et nous donnaient quand-même un certain plaisir, d’autant plus que notre seul souci bien avant le mois de ramadhan était de faire des provisions en tout mais les produits de consommation subventionnés par l’Etat étaient à la portée de toutes les bourses », nous confie encore cet autre retraité de l’ENPC, en ajoutant « tout de même actuellement, un fonctionnaire ou n’importe quel ouvrier ayant une famille à charge ne pourra pas se vanter de passer ne serait-ce médiocrement ce mois de ramadhan qui sera jalonné à coup sûr de toutes les privations ».
Par ailleurs, à Draâ El Mizan ou ailleurs, l’ambiance de la rue est totalement quelconque, sans aucune particularité de l’événement alors que ce mois est « meilleur que mille autres » selon le Coran.
« Vous croyez que les gens pourront aller dans les cafés pour jouer d’interminables parties de domines ou de cartes ? Qui pourra débourser 60 dinars, soit le prix de 4 tasses de café, chaque soir pour faire plaisir à ses copains, assis autour d’une table ? » dira Ami Saïd qui avait juré de ne plus mettre les pieds dans un café depuis que le prix du « fendjal N’Tvarkhauts » était passée à 15 dinars.
Quoiqu’il en soit, n’ont pas cessé de répéter tous les citoyens rencontrés, le mois de ramadhan finira comme tous les autres avec ou sans la flambée des prix tant que l’Etat et toute la société civile n’arriveront pas à placer les valises aux bons endroits.
Essaid N’Ait Kaci
