Lancé très timidement à la fin des années 60, le marché hebdomadaire de M’kira, qui se tient chaque mercredi au niveau de Tighilt – Bougueni, chef-lieu de commune, a acquis d’année en année une considérable réputation et connaît ainsi une grande affluence, ce qui occasionne beaucoup de désagréments pour les riverains notamment. « Ces deux dernières années, il est quasiment impossible le jour de marché de se frayer un passage, en cas d’urgence, car, aux stationnements sur les deux côtés du boulevard, s’ajoutent les étals des marchands au niveau de l’arrêt des fourgons jouxtant la mosquée. La vie devient impossible pour nous les matinées des mercredi », nous confie Ahmed Ibari, un professeur dont le logement se trouve dans les parages. Il est vrai qu’auparavant, le marché se tenait sur le boulevard « Colonel Ali-Mellah », la circulation est ainsi déviée vers le boulevard « Colonel Amar-Ouamrane » puis il a été interdit sur cette première artère et est transféré vers la seconde mais les commerçants, pour des raisons évidentes, préfèrent se mettre dès les premières heures de la matinée là où convergent tous les clients, c’est à dire près de la mosquée et de l’arrêt des fourgons. « Dès la création, en 1984 de notre commune, l’ex-APC de l’époque avait prévu de déplacer le marché à un peu plus d’un kilomètre du chef-lieu, sur la route de Taka, en allouant une enveloppe de cinquante mille dinars pour le terrassement. Néanmoins, ce projet avait soulevé un tollé général chez les militants locaux du parti unique du fait que les vieillards ne pouvaient se voir en ce lieu qui était non seulement éloigné et d’un accès difficile mais il était dépourvu de cafés où ils pouvaient s’asseoir et discuter peut-être pour la dernière fois entre eux. Ainsi, le projet a été abandonné bien que la première APC, née de l’ouverture démocratique, avait mené les travaux de terrassements mais pas plus », nous confie ce retraité, ex-militant du FLN qui souhaite garder l’anonymat. Par ailleurs, pour tous les citoyens rencontrés, la seule solution du problème actuel qui est la conséquence de l’absence d’un service de maintien de l’ordre mais également de l’indiscipline des commerçants. « Nous avons le meilleur marché qui puisse exister malgré le grand silence qui y règne parce qu’il est fréquenté par des familles et des femmes, tout le monde se connaît, c’est tout le douar M’kira qui se regroupe, il faut dire carrément qu’il n’y a qu’une seule grande famille. La confiance règne en premier lieu. Les marchands n’ont pas besoin de crier ni d’utiliser des hauts parleurs alors que la musique est tout naturellement bannie », nous déclare Slimane, un étudiant de Hasnaoua tout en ajoutant que le boulevard « Colonel Ouamrane est assez large et grand qu’il peut accueillir à partir du seuil du nouveau siège de l’APC jusqu’au stade communal tous les commerçants de la planète alors pourquoi se concentrer aux alentours de la mosquée, de la stèle « Matoub » et de l’arrêt des fourgons pour en définitive bloquer la circulation ? » questionne notre interlocuteur qui appelle ainsi les gens à plus de civisme.
Essaïd N’Aït Kaci
