« Réfléchir et créer ensemble »

Elle a suscité curiosité, désir d’apprendre et envie de bien faire auprès de nombreux représentants d’associations de la vallée de la Soummam, présents à cet important et intéressant rendez-vous. « Nos moyens ne nous permettent pas un très large public participant », a dit Halim Oussalah, président de l’association « Taos et Jean Amrouche ». Et pourtant, la moyenne assistance abritée par la salle des fêtes de la crèche communale puis par la salle des délibérations de l’APC (le nombre étant imposé par les contraintes, rappelons-le, car souligné par M. Mokrane Alloul aussi, président de « Dialogue et Action », l’assistance était suffisante à satiété par sa participation enrichissante aux débats et aussi et surtout, sa détermination très visible, à créer du bon. Tudert de Fethoune, comité du quartier Bouchekfa, Assirem Féminine de Boudjellil, C RA d’Amalou et d’Ouzellaguen, Tamusni At Djamhour, association de Felden, Tiktin de Tizi Alloune, vision du futur de Guendouze, Tiwizi d’Akbou. Cela à titre d’exemple. Un effet boule de neige est escompté par les organisateurs de la formation, cela par la démultiplication des informations et connaissances. La 1ère communication était de Hélène Marx de NECFA autour du thème « Le projet dans la tradition associative française, quelques éléments méthodologiques ». Hélène Marx, assumera par ailleurs une large part dans l’animation, apportant éclaircissements et précisions après de nombreuses interventions des participants. A. Halim Oussalah, quant à lui, dissertera sur un projet de proximité à Ighil Ali (un projet dont il parlera de la mobilisation des jeunes à la création d’un équipement associatif). Une communication captivante tant par la fluidité du langage que par la réalité d’un constat que « lorsqu’on veut on peut », à condition de rester modeste dans ses ambitions au début et de savoir-faire. « Le rêve devenu réalité » sera démontré aussi par Hanane Chérifa Hanaï, l’association Arcadie d’Aubagne à travers son exposé sur le thème « du local à l’international », thème illustré par l’exemple de l’aménagement du terrain de football à Haïti (le village Abricots). Un projet reposant sur une demande faite par l’association « Vêtements sans frontières ». Une association née suite au passage du cyclone « Gordon » qui a ravagé une partie de l’île de Haïti. L’association est présente à Haïti depuis 1994. Hanane, de par son rôle d’animatrice et responsable d’actions à mener pour ce projet parlera des démarches entreprises pour la collecte des fonds. Elle décriera, insistant sur la démarche citoyenne solidaire, suscitée au sein du public, étendant l’action à tous les enfants, aux adolescents et aux habitants du quartier de Tourtelle et de la ville d’Aubagne. La cerise sur le gâteau, était la longue conférence de Claude Lasnel. le thème en lui-même est alléchant : « Méthode du tâtonnement expérimental : je ne sais pas monter un projet mais j’y arrive ! ». Claude Lasnel a une longue carrière d’enseignant, avec notamment de longues années au Maghreb, 14 ans en Algérie (professeur dans un lycée technique d’Alger). Claude est aussi formateur, eu égard à tant d’expériences. Il anime des stages en France au profit d’enseignants. Il racontera à l’assistance à Akbou, durant cet exposé, sur l’interculturel, ses deux dimensions, la fonction miroir de l’immigration, la valorisation de l’individu par son patrimoine culturel notamment. Voir en la personne non son ou ses origines, mais l’individu, les richesses de sa vie dont l’entourage peut en tirer profit. Il parlera du travail réalisé, avec des professeurs et autres personnes au niveau des collèges où des classes comportant des enfants étrangers. Des collégiens dont les résultats scolaires se sont sensiblement améliorés après un travail interculturel et d’ouverture sur l’école et sur le quartier. Un travail étayé d’exemples concrets où de nombreuses personnes se sont impliquées pour que cette réalité devienne conviction puis fer de lance dans le quotidien. « J’ai tant appris de l’autre et je continue en permanence de l’autre ». La formation s’est achevée sur des travaux d’ateliers et une 1re évaluation faite par M. Alloul Mokrane. Une 2e évaluation se fera après ce stage à travers un questionnaire, a dit Yahia Djafri de NECFA. M. Djafri était l’animateur n°1 de la formation, régulant, distribuant la parole, rappelant un respect du programme et des horaires, encourageant et félicitant, rectifiant et précisant à l’occasion. Les associations participantes se sont réparties, regroupées autour de différents projets « Ecole de couture », idée du C RA d’Amalou, encadré par Hélène Marx, « Réseau associatif », idée de l’association Amsed, groupe encadré par Hanane Hanai, « Rencontre autour d’une caméra », idée de Malek Boudjemaâ, groupe encadré par Claude Lusnel et « Cellule d’écoute et de communication », idée de l’association Dialogue et Action, encadré d’un élément de cette association, Madame Naït Yahia Fatiah. Une rencontre évaluation de la formation, par des exemples de projets montés et concrétisés est d’ores et déjà retenue pour l’an prochain.

Taos Yettou