« Nous ne pouvons pas répondre à toutes les demandes », telle est la première réponse que nous fournit Bendaoui Boualmen, chef du bureau de l’action sociale d’Aït Yahia Moussa. Devant la porte de son bureau, ils sont nombreux les citoyens venus réclamer leurs parts des couffins alimentaires accordés à cette commune. Après avoir feuilleté toutes les listes déposées par les comités des trente-huit villages et hameaux de cette municipalité, notre interlocuteur nous dira que le nombre dépasse les six cents inscrits. « Pour tout ce chiffre, nous n’avons qu’un quota de cent soixante dix colis. Il est impossible de satisfaire tout le monde.
Les comités doivent jouer leur rôle », a-t-il ajouté. Le colis comprend un sac de semoule de 25 kilos, un bidon d’huile de cinq litres, un kilo de pois chiche, deux kilos de sucre, un paquet de café de deux cents cinquante grammes, un paquet de lait en poudre, une boîte de concentré de tomate d’un kilo et un kilo de vermicelles. Devant cette forte demande, le chargé de cette opération se trouve quotidiennement malmené par les citoyens qui se sentent lésés. Pour M. Bendaoui, chaque village aura son quota, et ce sont les membres du comité qui vont procéder à la distribution. En tout cas, à entendre notre interlocuteur, la commune est lésée dans la répartition des parts surtout qu’Aït Yahia Moussa est parmi les communes où la pauvreté est grande. Si l’on se référait déjà à la carte sociale communale établie par ces services en mars dernier le nombre de familles démunies sans revenus a atteint six cent cinquante trois sans compter les personnes sans domicile fixe ainsi que les femmes en détresse au nombre de soixante-huit. Ces chiffres montrent bel et bien cette situation précaire qui touche une grande frange de la société. Il est attendu que les élus locaux participent à cette opération en ajoutant quelques colis pour satisfaire tout de même un nombre suffisant. L’an dernier, l’apport des responsables locaux a été de cent colis. En attendant la répartition de ces maigres colis, ces familles démunies auront toujours le ventre creux comme pour tout le reste de l’année dans une région qui ne possède rien comme ressources en vue d’atténuer cette pauvreté rampante.
Amar Ouramdane
