C’est hier que la circulaire relative à l’interdiction de la circulation aux transports poids lourds dans la capitale est entrée en vigueur. Cette décision émanant de la wilaya ne semble guère être du goût des camionneurs. Bien au contraire, le vent de la protestation a gagné leurs rangs. Hier, une centaine, voire plus, ont investi les alentours du port d’Alger afin d’exprimer leur niet catégorique à cette nouvelle réglementation. Une réglementation qui, selon eux, « bafoue » leurs droits les plus absolus. En contactant leur syndicat, leur porte-parole dit ignorer l’action que les camionneurs ont entreprise. Ce dernier d’ailleurs était en dehors d’Alger. « Certes, nous reçu au niveau de notre bureau une plate-forme de revendications, mais rien sur cette action », s’est t-il contenté de dire. Evidemment, le porte-parole du syndicat des transporteurs, ne savait rien sur ce rassemblement car d’après la plupart des camionneurs que nous avons pu accoster, le mouvement de protestation n’a pas été organisé, mais il s’est « déclenché » d’une façon spontanée. Selon, l’un d’entre eux, l’initiative est venue de tout le monde. Leur rassemblement n’a pas duré longtemps. Les forces publiques se sont aussitôt dépêchées sur les lieux afin de les disperser, une tâche qui ne leur a pas été difficile. Tout le monde a rebroussé chemin. « Nous ne voulons pas de problème, rentrez chez vous et nous vous informerons des nouvelles », a lancé un des camionneurs. Ce dernier fait partie des quatre personnes déléguées pour aller voir le wali. A savoir si ce dernier les a reçus. A les entendre, on constate que leurs préoccupations sont les mêmes. « Comment peuvent-ils prendre une décision pareille sans même nous consulter ? », a avancé un jeune transporteur. Lui emboîtant le pas, un autre estime que cette décision est « arbitraire », car elle ne prend pas en compte les préoccupations des transporteurs. Sur le même ton, celui-ci a soulevé le problème d’horaire. Sachant que désormais avec le nouvelle circulaire, les camionneurs n’ont plus le droit de circuler avant 19 h. Chose qui a suscité le désappointement des concernés. « Je suis un père de famille, comment je vais faire ? ils veulent que nous travaillons la nuit sans pour autant nous assurer les moindres conditions de travail. Cette nouvelle réglementation nous oblige de faire un choix, soit nos enfants ou le boulot », a répliqué un autre. L’insécurité, c’est le mot qui revenait tel un leitmotiv dans a bouche des protestataires. Tout le monde déplore cet état de faits. « Nous avons subi en plein jour des agressions, qu’en sera t-il donc la nuit ? », s’est interrogé un autre. Le jeune orateur a, dans ce cadre, témoigné qu’un de ses confrères a fait l’objet d’une agression à la sortie du port et personne n’a été à son secours. « Il lui ont volé tout ce qu’il avait en sa possession », relata le même jeune. A cela s’ajoute le problème de stationnement. « Nous n’avons pas de parc où garer nos camions », souligne un des protestataires. Les auto -écoles sont également en colère. Car elles risquent de mettre la clé sous le paillasson. Un formateur, rencontré également au port, a estimé que désormais c’est « impossible d’assurer les cours, car la nouvelle réglementation nous oblige à le faire la nuit, chose qui est pratiquement impossible ».
Wassila O. H.
