L’ambiance du Ramadhan dans la localité de Ouaguenoun, distante d’une vingtaine de kilomètres de la ville de Tizi-Ouzou, est presque similaire à celle qui prévaut dans les autres localités de la Kabylie. Dès la rupture du jeûne, les habitants de sexe masculin s’empressent de sortir pour digérer et vivre des moments d’ambiance et de contact entre les amis. Tikobaïn, le chef-lieu de la commune grouille de monde pendant des heures après le f’tour. Vu l’absence de programme d’animation culturelle, à travers toute la régon, les cafés maures sont les endroits prisés par les citoyens. Pour certains, en groupes d’amis ils s’adonnent à d’interminables parties de jeux de carte et de dominos. D’autres cafés se consacrent exclusivement au jeu du loto. D’autres préfèrent s’attabler dans les cafés en groupes d’amis et savourer des moments d’amitié, de discussion et d’échanges d’informations.
La période est aussi une aubaine pour les militants des différents partis politiques. On les reconnaît facilement se regrouper et s’adonner au jeu de la politique des coulisses et parfois de magouille, dont l’enjeu est l’établissement de listes de candidats aux prochaines élections locales.
D’autres, jeunes pour la plupart, préfèrent se rendre dans les cybercafés en se livrant à d’interminable palabres virtuelles à travers la tchatche. L’Internet reste l’une des meilleures fenêtres d’espoir ouvertes sur le monde et dont l’objectif recherché est de dénicher l’oiseau rare grâce auquel l’on peut s’envoler vers des cieux plus clément, loin du marasme du pays. L’Internet devient plus intéressant à Ouaguenoun depuis que la localité est doté de l’ASL. D’autres préfèrent se balader à travers les ruelles de Tikobaïn ou s’adosser aux murs en attendant un cadre de vie meilleur.
Vu la proximité de la ville de Tizi-Ouzou, le transport est disponible durant la nuit et ce, en dépit du climat de sécurité instable. A Tizi-Ouzou, l’on se rend pour assister aux galas qui s’organisent à la Maison de la culture. D’ailleurs, les affiches des artistes qui se produisent durant cette période sont souvent placardées dans la région.
Il existe une autre catégorie de citoyens qui ne croient pas à tout ce climat du Ramadhan. De ce fait, ils préfèrent rester chez eux savourer des moments en famille ou suivre les programmes de télévision.
Dans les autres villages de la région, le climat est presque identique. C’est ainsi que le mois de carême constitue le seul mois où les habitants s’évadent, pour un temps, de la monotonie de la vie quotidienne marqué par le calme plat et la morosité.
Durant la journée, l’ambiance est électrique et lourde à la fois. Les habitants ne sortent dehors que pour se rendre vers les lieux de travail ou s’approvisionner pour le f’tour sur fond d’un pouvoir d’achat en pleine érosion.
M. Hammami
