La figuration FLNiste à Tizi-Ouzou

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Le Front de libération national de Abdelaziz Belkhadem, en assurant sa présence dans les 67 communes de la wilaya de Tizi-Ouzou, peut se targuer d’avoir gagné le test de la figuration. Les trotskistes de Louisa Hanoune disputeront, pour la première fois, 14 mairies dans l’une des plus hostiles arènes politiques du pays. La persistance de la crise dans la maison FFS est en passe de faire pousser des ailes à ses adversaires.

En jouant sur l’aspect figuratif pour les élections municipales du 29 novembre prochain, le FLN a réussi, au moins, à assurer sa présence militante dans l’ensemble du territoire de la wilaya, avec en prime des figurants très jeunes qui sont chargés de conduire ses listes. A quelques changements près, le parti de la majorité parlementaire a misé sur les mêmes têtes de liste l’ayant conduit à la présidence de 10 mairies lors des partielles de 2005. C’est le cas pour la liste d’Azazga, une commune que le FFS et le RCD ont eu à gérer et où la bataille électorale sera des plus serrées cette fois-ci entre les trois formations politiques, dont le chef de file de la liste FLN, Benadji en l’occurrence, est reconduit pour la troisième fois consécutive, sur  » ordre de Belkhadem en personne « .

Des 609 sièges répartis sur l’ensemble des Assemblées communales et de l’Assemblée de wilaya, le plus vieux parti est arrivé en troisième position avec 125 élus, derrière le FFS et le RCD, lors des partielles de 2005, alors qu’il était, comme cette fois, le seul parti à avoir réussi à mener compagne dans toutes les communes.

L’ancien parti unique aura, néanmoins, la chance de gagner d’autres APC mais en concédant d’autres, ce qui le maintiendra dans le même nombre de sièges, approximativement, soit pas plus d’un sixième des suffrages.

Au niveau de l’APW, tout porte à croire que le FLN concédera sa seconde place au RCD à la faveur d’un déclin, non déguisé, du FFS, où au mieux, ces deux derniers seront départagés en fonction des alliances, où le parti d’Ahmed Ouyahia a son mot à dire.

Progressant à chaque rendez-vous électoral, le RND, avec sa présence dans 63 communes, après qu’il eut participé dans 41 lors de la dernière consultation municipale, espère améliorer son score et réussir à talonner son frère ennemi, le FLN, mais sans compter sur  » la prise  » de la mairie de Ain El Hammam qu’il risque de perdre cette fois-ci pour n’avoir pas su capitaliser sa victoire sur le FFS. Ce dernier a toutes les chances de reprendre la région natale de son zaïm, à moins d’un coup de théâtre interne.

La participation du Parti des travailleurs à ces élections, pour la première fois de l’histoire du parti, viendra pour chambouler, à peu près, l’échiquier politique local dans la mesure où les trotskistes ont bien des chances de remporter quelques sièges dans les 14 communes où ils seront présents et constituer des groupes de blocage.

Alors que les islamistes de l’ex-Hamas gagnent eux aussi du terrain en termes de figuration, puisqu’ils seront présents dans 7 communes dont la plus inédite est sa participation dans la commune des Aghribs, fief et village natal du patron du RCD. Les indépendants, avec la présentation de 26 listes, sont à même de faire illustration de ce qu’il est advenu de l’esprit anti-partisan qui ne cesse de gagner de plus en plus les citoyens, en divorce continuel avec les partis traditionnels.

C’est cet état de fait politique, conjugué à des crises à répétition au sein des deux partis, dit régionaux, le FFS et le RCD en l’occurrence, qui risque de mener le premier vers une autre perte de terrain après celle vécue en 2005 même avec son arrivée en première position (188 sièges sur les 609 que compte l’ensemble des assemblées). Ainsi, si le parti d’Ait Ahmed est partant pour reprendre quelques APC qui lui sont traditionnellement acquises, la crise interne qui continue de l’ébranler risque sérieusement de faire passer la main aux partis adverse qui, d’ores et déjà, se font pousser des ailes.

M.A.T.

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