Trois jours après l’Aid, le marché des fruits et légumes tarde encore à se stabiliser. Mardi dernier, jour de marché hebdomadaire, donnait une atmosphère de désolation, avec mois d’une dizaine de marchands qui n’avaient en réalité que peu de choses à proposer. Les clients eux aussi, ne sont pas très nombreux, contrairement aux autres jours où on ne se fraie un passage qu’en jouant des coudes.
C’est comme si la clientèle et les marchands s’étaient mis d’accord pour bouder le « souk » de ce mardi suivant l’Aid. Pourtant, cela fait une semaine que le dernier marché a eu lieu et les provisions de fruits et légumes se sont certainement épuisées. Les pères de famille fréquentent, généralement, ce marché car ils espèrent y trouver des produits frais à des prix plus abordables que ceux pratiqués en ville.
Ce qui n’est plus le cas, ces derniers temps où les épiciers de proximité tentent d’attirer la clientèle, en lui préposant des prix identiques ou même plus bas que ceux affichés par les marchands ambulants. Certains, parmi ces derniers connaissent les réflexes de leur clientèle qui achète les yeux fermés. Ils ne s’embarrassent donc pas pour leur fourguer des produits qui ont fait plusieurs marchés sans trouver preneur. Le choix est donc limité et la tromperie souvent de mise.
C’est en connaissance de cause que les clients ont boudé le marché sachant que ce sont les légumes d’avant l’Aid qu’ils y trouveront. Aux commerçants à qui nous avons demandé une explication à ce manque de marchandise, ils répondent que c’est au niveau des marchés de gros qu’il y a pénurie. « Il n’a a pas eu d’arrachages à cause des deux jours de l’Aid. Par ailleurs, la pluie qui est tombée en grande quantité, dans certaines régions n’a pas permis aux fellahs de faire la récolte ». Quelle que soit la situation, on continuera à faire les frais de la conjoncture. Quand ce n’est pas le carême, c’est la pluie ou la sécheresse et ainsi de suite. Pour ne pas rentrer le couffin vide, ceux qui ont fait leurs courses ce jour-là, ont dû, la mort dans l’âme, payer la pomme de terre de piètre qualité à 65 dinars, la carotte et la courgette à 50. Quant aux haricots verts, ils ont pris de la hauteur et peu de gens les approchent pour 90 dinars le kilo. On pensait que, le mois de carême passé, nous allions retrouver les prix pratiqués auparavant, même si on les trouvait trop élevés. Pour l’heure, en dehors du poivron et de la tomate qui se sont maintenus à 40 dinars, le reste est monté en flèche, à l’image de la banane qui a atteint les 140 dinars ou le raisin de qualité qui se négocie à plus de 100 dinars. Nous osons espérer que cette flambée post-ramadhan ne durera pas.
Nacer B.
