Dur réquisitoire de Ouyahia

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Longtemps silencieux, Ahmed Ouyahia, le patron du RND, est sorti de sa réserve, toutes griffes dehors. Lors de son passage jeudi sur les ondes de la Chaîne II de la Radio nationale, l’ancien chef du gouvernement a adopté une position dans une posture d’opposant.

Ahmed Ouyahia n’a donc pas pris les précautions d’usage. Il s’est attaqué, sans ambages, à l’actuel chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, qu’il évite de nommer pour sauvegarder les équilibres liés à l’Alliance présidentielle.  » L’Algérie fait un pas en avant et deux en arrière « , lance Ouyahia avant de verser dans l’énumération des exemples. Et ce n’est pas ce qui manque!. Il citera, entre autres, le fait de supprimer la disposition qui devait obliger l’utilisation de chèque pour toute transaction dont le montant dépasserait 50 000 DA. Le secrétaire général du RND dit ne pas comprendre le revirement du gouvernement sur une mesure qui devait permettre, selon ses dires, de maîtriser le marché financier et  » barrer la route aux spéculateurs « . Le décret en question, promulgué par le gouvernement Ouyahia en 2005, devait entrer en application à partir de septembre de l’année passée. Mais le gouvernement Belkhadem l’a remise dans un tiroir.

Autre reproche, l’ancien Premier ministre avance l’interdiction d’extraction de sable des oueds. Une mesure qui devait entrer en application le mois de septembre passé, avant que le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal ne décide de demander sa prorogation en soumettant une nouvelle loi à l’Assemblée. Ahmed Ouyahia, qui a précisé que le décret devait protéger l’environnement s’est interrogé sur l’opportunité d’un tel prolongement. Plus qu’une simple atteinte à l’environnement, Ouyahia y voit avant tout un manque de  » crédibilité de l’Etat. »

Le premier responsable du Rassemblement national démocratique s’est, encore une fois soulevé contre les décisions prises par l’Exécutif pour faire face à la crise du lait et de la pomme de terre.  » On a entendu dire que le gouvernement a favorisé la maffia de l’importation. Je n’affirme rien, mais vous n’avez qu’à voir la qualité de la pomme de terre importée pour vous en rendre compte. » Le réquisitoire de Ouyahia s’est achevé par cette phrase lourde de sens :  » Un peu de bon sens et de raison ne fera pas de mal à l’Algérie « .

En outre, le secrétaire général du RND a réitéré ses réserves quant à une augmentation massive des salaires des fonctionnaires. Cela doit se faire, selon lui, dans le respect de la triptyque économique croissance, productivité, l’inflation.

Sur le plan électoral, Ahmed Ouyahia a indiqué que sa formation a présenté des candidats dans la majorité des communes et des wilayas. Sur les 600 candidatures de son parti rejetées par l’administration, près de 400 ont été jugées recevables par la justice, a-t-il précisé.

Cependant, Ouyahia ne semble pas accorder du crédit aux rumeurs parlant du départ du gouvernement Belkhadem. Rappelant que lui-même avait vécu pareille situation, Ahmed Ouyahia précise  » pour nous au RND, cela est un non-événement « .

Ali Boukhlef

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