Une faible récolte de foin

Les prévisions des fellahs concernant la fenaison se sont finalement avérées justes. Au plus fort des tempêtes de neige, ils ont prédit une très faible récolte conséquemment à un été qui serait très chaud. La sagesse du terroir dit qu’ »A hiver rigoureux, été torride » et cet adage n’est que rarement démenti. C’est vrai que faible ou abondante, la récolte des foins, ne semble intéresser qu’une poignée de fellahs pour l’instant, mais cette situation pourrait changer au vu du nouvel esprit qui semble progressivement s’installer dans le village. Latent, pour l’instant, mais cet esprit, celui de posséder quelques têtes du gros ou de petit bétail fait doucement mais sûrement son petit chemin. Déjà, certains villageois qui n’ont jamais une vocation de pâtres, se sont mis de la partie en achetant quelques têtes de petit bétail. Le cheptel de la région qui est très maigre augmente ainsi peu à peu, ce qui fait augurer à certains des moutons à des prix abordables pour l’Aïd El Adha prochain. Mais on n’en n’est pas encore là. Pour l’instant, ce qui préoccupe le plus vachers, bouviers et bergers c’est les prix du foin et autres fourrages. « Si le prix du bétail a baissé pour l’instant, c’est parce que le fourrage manque » dit-on ici à Tifra. Et le fourrage, c’est le nerf de l’élevage. C’est vrai que le prix d’un botte de foin est tel un yo-yo, les paysans craignent que sa courbe ascendante soit plus longue que les années d’avant. Au vu de cette faible récolte, leurs craintes sont amplement justifiées.

Boualem B.