Les métiers de l’été

Le chacal du proverbe kabyle a tort de déclarer que « l’été serait la meilleure saison si elle donnait du pain », i gelha unebdu amar isseççay aghrum : l’été fait donne à manger à des milliers de personnes, notamment aux désœuvrés qui battent le pavé le reste de l’année ! Il y a d’abord les marchands « traditionnels » de cigarettes, de bonbons, de chwin gum ou de cacahuètes qui voient leur clientèles augmenter considérablement : avec le retour de la belle saison, les gens ont tendance à sortir plus et jusque tard dans la nuit, et qui dit promenade dit désir irrésistible de grignoter… A moins qu’on ne veuille se régaler de mhadjebs bien épicées, que des gamins transportent dans leurs couffins… On peut même trouver des œufs cuits à la coque ! Mais c’est à coup sûr les marchands de glaces et de boissons fraîches qui se taillent la part du lion dans le marché de l’été. Et, dans le campagne et parfois même dans les villes de Kabylie, on n’a pas besoin d’avoir un local pour exercer cette activité lucrative : il suffit d’avoir un broc de citronnade ou d’orangeade, avec des morceaux de glace apparents, des verres et un cageot pour poser le tout dessus pour s’improviser marchand de boissons. Les « marchands de glace » improvisés ont, eux, pour terrain d’activité favori, les plages, mais ils ne dédaignent pas les bus où ils tentent sans difficultés, avec leurs esquimaux et leurs pots de glaces, transportés dans des glacières, des passagers qui étouffent dans la chaleur des véhicules qui mettent toujours du temps pour démarrer. Les amateurs de galettes vont les acheter sur le bord des routes où des gamins les vendent à tout moment de la journée. Dans quelques semaines, les vendeurs de figues de Barbarie et de figues fraîches vont les rejoindre pour tirer, eux aussi, profit de l’été !.

S. Aït Larba