La ville de Sidi Aïch, traversée de part en part par l’Oued Soummam, étale sur ses principales artères un négoce d’un nouveau genre, celui du commerce informel qui règne en maître de céans. Chômeurs de longue durée, travailleurs précarisés, diplômés frais émoulus…, le filon semble attirer de plus en plus d’adeptes.
Ce pis aller est la seule formule qui fait recette, à défaut d’une véritable insertion sociale via le marché étriqué du travail, un microcosme qui fait la part belle au népotisme et autres passe-droits. Fripes, fringues flambant neuves, fruits et légumes, menu fretin… une marchandise hétéroclite.
Les commerçants exerçant dans la légalité voient d’un mauvais œil ces marchands « intrus » qui leur disputent et le territoire, et la clientèle. « A voir toute cette faune de contrebandiers qui opère impunément, au nez et à la barbe des autorités, on ne peut s’empêcher de penser s’il ne vaudrait pas mieux fermer boutique et se reconvertir dans cette activité plus lucrative », nous dira désabusé le gérant d’un magasin de chaussures. Et d’enchaîner : « La faute n’incombe nullement à ces marchands d’occasion qui trouvent dans cette activité un moyen de gagner leur pain, mais plutôt aux pouvoirs publics qui doivent se déterminer clairement : ou bien légaliser ce commerce informel et nous épargner les charges diverses grevant notre activité ou alors déclarer hors-la-loi ce négoce parallèle et le traquer sans ménagement ».
N. M.
