Le pilote d’un remorqueur au port de Béjaïa a volé en plein nuit et avec effraction le free-shop de la gare maritime. C’est cette affaire que le tribunal criminel près la cour de Béjaïa a examinée dans sa première audience de lundi. Le représentant du ministère public qui a estimé que l’affaire est d’une extrême gravité, a requis contre l’accusé la peine de 20 ans de réclusion criminelle assortie d’une amende de 100 millions de centimes. Mais le verdict prononcé par le président du tribunal après une délibération qui aura duré près de quatre heures, n’a été que de trois années de prison dont deux avec sursis.
Les faits remontent à la nuit de 24 février 2007 lorsque vers trois heures du matin l’accusé, G. B, âgé de 26 ans pilote de son état, a mis à sac le magasin sous Douanes de la gare maritime du port de Béjaïa.
Pour mener à bien son affaire, il n’ a rien laissé au hasard, la veille, il a soigneusement préparé un marteau, un burin, et un arrache-clous, outils à l’aide desquels il n’a sans doute rencontré aucune difficulté pour venir à bout du rideau métallique du magasin.
En pleurs, il déclare à la barre que son butin, s’est limité à huit cartouches de cigarettes, deux cartons de vins de 12 bouteilles chacun et de quelques flacons de parfums.
Toujours selon ses déclarations, toute cette marchandise a été restituée puisque une partie a été récupéré par la police auprès d’un camarade de travail auquel il l’avait confiée en attendant son écoulement et l’autre moitié a été rendue par lui-même au moment de son arrestation.
Dans sa courte mais sévère réquisition le représentant du ministère public n’a pas manqué de souligner le fait qu’il y a dans cette affaire, non seulement délit mais crime avec préméditation puisqu’en plus de la circonstance aggravainte de la nuit, il y a eu effraction. Le représentant du parquet général arguera par la suite que l’accusé a eu d’abord l’idée de vol, puis le nourrissement de l’idée et enfin le concrétisation du projet avec préparation minutieuse des outils nécessaires à l’effraction du magasin.
La défense assurée par maître Hamoudi et maître Laarich, a après avoir exprimé son étonnement quant à la sévérité de la recquisition a mis en relief les regrets exprimes l’accusé à la barre et de ce fait qu’il s’est autondénoncé rien qu’en voyant les policiers malmener le gardien du port. Mettant en avant la situation sociale de son mandant qui est l’aîné et le responsable d’une famille de six personnes et dont, de surcroît, le père après les avoir quitté, les menace de les expulser du logement familiale pour s’y remarier. La défence aura plaidé en somme l’indulgence du tribunal et le bénéfice de larges circonstances atténuantes.
B. Mouhoub
