Un branle-bas de combat s’observe au niveau des QG des quatre formations politiques qui s’affairent à se préparer à la bagarre des urnes du 29 novembre prochain. Organisées avec faste ou dans les coulisses, les parades se succèdent et les concurrents semblent même faire appel à leurs créativités respectives pour alterner les actions de séduction. A Béni Mansour, le siège du candidat indépendant Ali Mahdouche s’anime. On y confectionne des banderoles pour mettre en exergue les slogans de la liste qui dit œuvrer pour la rupture : « Pour une gouvernance locale », « Agir dans le présent et penser à l’avenir ». On y distribue un prospectus renfermant un programme de développement suggérant des alternatives pour sortir la collectivité locale de la spirale du sous-développement qui la frappe, selon eux depuis l’indépendance du pays. Hormis l’administration qu’on ambitionne de mettre à la disposition du citoyen, il est fait référence à de nombreux chantiers prévus en matière d’AEP, de transport, assainissement et gaz de ville. Les promesses portées sur le document portent aussi sur l’éducation, la jeunesse, la santé et l’agriculture. Dans l’entourage de ce quinquagénaire qui revendique un changement radical dans la gestion de la commune, des jeunes et des moins jeunes s’attellent à vanter ses qualités « d’enfant du terroir et d’homme intègre », expliquant sans se lasser le bien-fondé de son intronisation à la tête de cette commune victime à un grand sous-développement. « S’il est élu, il va venir à bout de ce chaos régnant », promet un de ses fans qui ajoute qu’il va « rendre la vie à cette jeunesse perdue qui se meurt à petit feu ». Le candidat qui était sur la même liste que le maire sortant aux dernières partielles, continue sa tournée-marathon avec ses parrains à travers la commune alternant meetings et actions de proximité à la rencontre des citoyens. Il entend organiser une tournée-marathon à travers la commune le 26 novembre en quête de voix. Pendant ce temps, d’autres acteurs s’activent, menant campagne pour le candidat du RND et maire sortant, Djamel Benamara, journaliste à la Chaîne III, beaucoup plus connu sous le nom de Mohand Benamara. Cet édile municipal depuis 1997 trouve à Beni Mansour des citoyens qui ont choisi de se mettre littéralement à sa dévotion et donc de lui faire une campagne à travers laquelle ils ont choisi la stratégie de véhiculer leur message électoral par le vecteur du « bouche à oreille » et d’exclure les classiques meetings populaires de tout temps utilisés pour convaincre les électeurs. Ce parti a ouvert trois permanences à Boudjellil, Béni Mansour et Tala El Vir, qu’il a transformé en lieux de rencontre avec les citoyens. A Béni Mansour, ceux qui veulent bec et ongles sa réintronisation dans les fonctions de maire distillent, eux, un autre message. « Lui seul est capable de gérer une telle APC », arguant « qu’il est le plus instruit et le plus expérimenté des candidats en lice ». A Boudjellil, Salah Saâdi qui fait partie de la même formation, parle également d’une campagne de proximité menée à partir de la permanence et relayée par les partisans du maire sortant, se déployant sur le terrain pour faire barrage à leurs concurrents. Notre interlocuteur, allié de l’ex-APC aux dernières locales et figurant sur sa liste à présent, explique la stratégie préconisée par le staff de la campagne. « Nous avons choisi un dialogue direct avec les citoyens pour parler de notre bilan et de nos projets si nous sommes réélus aux prochaines élections ». Pour lui, le RND a réalisé d’importants chantiers, citant l’assainissement. Et il promet dans la foulée des projets pour la prise en charge de la jeunesse qui sont, selon lui, une bibliothèque, un centre culturel et un stade communal et autres terrains de proximité. Enfin, il parle de la distribution du bilan ainsi que du programme du parti d’Ouyahia qui aurait, selon lui, même été mis sous CD. Le RCD dont un siège est implanté non loin de l’APC à Boudjellil et un autre à Béni Mansour, s’emploie lui aussi à ne rien laisser au hasard pour affronter ses adversaires dans une quinzaine de jours. Le parti de Sadi parrainé par Rachid Mousaoui, quinquagénaire et enseignant de profession à l’élection APC et Fawwzi Hamoudi, avocat pour celle de l’APW, semble aussi occupé que ses concurrents à mener campagne pour engranger les meilleurs suffrages possibles le jour « J ». Investi également dans une campagne de proximité, ce seul parti d’opposition à participer à la prochaine bagarre des urnes, — le FFS ayant échoué cette fois dans la confection de sa liste — entend, lui aussi, disposer d’atouts électoraux favorables pour pouvoir tirer son épingle du jeu. Proposant des alternatives dans divers secteurs d’activité, notamment dans la névralgique trilogie Education-Formation-Jeunesse, il entend bien livrer une bataille ardue des urnes aux prochaines joutes. Enfin, l’heure est également à la campagne de proximité pour Nacer Laâdjal, enseignant quinquagénaire qui a choisi, lui, de parrainer la liste du FLN pour la deuxième fois depuis les dernières partielles de 2005. Le poulain du plus vieux parti qui s’est déjà produit au douar de Tazmalt pour animer un meeting, dit enchaîner sa tournée respectivement à Tala El Vir Tigrine, Boudjellil, Béni Mansour et Aftis. Au terme d’une entrevue avec lui à Béni Mansour, il a fait savoir que son ambition électorale est d’accorder la priorité à la réfection du CW42 tout en mentionnant la prise en charge des jeunes et la réhabilitation de l’agriculture. Slogan utilisé : « La main dans la main ». Autres moyens d’appeler les citoyens à voter pour sa liste, l’alternance au niveau de son siège à Aftis ainsi qu’à travers les 18 villages de la commune, d’actions de proximité. En outre, a-t-on appris, une réunion avec l’encadrement électoral a été convoqué au lycée de Boudjellil par le chef de daïra pour expliquer le volet technique du scrutin et réitérer la responsabilité civile et pénale de tout un chacun dans l’organisation d’une élection propre et impartiale. Enfin, à défaut de sondages, il reste difficile de pronostiquer, ni de savoir si les citoyens se rendront en masse aux urnes. Une situation qui n’est donc pas sans agiter le spectre d’une abstention massive qui pourrait rappeler celle des législatives du 17 mai 2007.
Z. F.
