Les veuves de chahids de Tizi-Ouzou se révoltent

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Les veuves et filles de chahid de la wilaya de Tizi-Ouzou s’en prennent avec virulence contre ce qu’elles qualifient de pratiques bureaucratiques qui leurs sont imposées par la direction de tutelle, en vue de percevoir leur pension.

L’ire de cette frange des ayants-droit est d’autant plus vivace qu’elles refusent de  » se soumettre à l’absurdité de ceux ayant imposé aux vielles femmes des conditions bureaucratiques pour percevoir leurs droits.  »

La multitude de documents administrative réclamée par la direction de la tutelle avant perception des pensions des veuves et filles de chahids est, en effet, agaçante et source de peines invraisemblables. Ainsi, pour pouvoir empocher ladite pension trimestrielle, les vielles dames doivent fournir un extrait communal délivré par la direction des Moudjahidine (DM), une attestation de non affiliation aux assurances sociales (CASNOS et CNAS), un extrait de non imposition (extrait de rôle) et un certificat de vie.

Si le dernier document trouve sa justification d’être réclamé par la direction des moudjahidine, parmi ces valeureuses dames, pour éliminer le doute sur la destination et le bénéficiaire de l’allocation, il n’en est pas de même pour les autres documents qui frôlent l’injustifiable, selon les dires de la présidente de l’association des veuves et filles de chahid de la wilaya de Tizi-ouzou, Mme Aït Iftene Djazira.

Celle-ci se demande si des vielles femmes sont soupçonnées d’exercer à leur âge pour qu’on leur exige de présenter l’extrait de non-imposition et les attestations de non-affiliation aux assurances.

 » Pour établir une attestation de non-affiliation, les vieilles dames doivent faire deux déplacements vers les institutions chargées de le faire. Des démarches qui se déroulent, malheureusement, pour elles, en plein hiver, car c’est au début de l’année qu’elles doivent renouveler le même dossier et le déposer à la direction des moudjahidine « , assène Mme Aït Iftene, venue en compagnie d’une autre vieille dame déclarer les péripéties des veuves et filles de chahid qu’elle qualifient, par ailleurs  » d’insoutenables et de dramatiques.  »

L’insoutenable pour cette frange d’ayants-droit est de faire galérer d’une administration à une autre. Pis, elles sont contraintes de passer des heures sous un soleil de plomb en été et sous les pluies et l’emprise du froid en hiver, en faisant la queue et d’attendre leur tour pour établir un document nécessaire au dossier, près la DM, relève encore Mme Aït Iftene.

Pour notre interlocutrice, le nombre des veuves de chahid en vie ne dépasse pas les 10%, elles sont recensables.  » L’administration de la tutelle peut bien établir un fichier complet sur leur cas ainsi que sur leur vie quotidienne pour qu’elle puisse savoir si une ou plusieurs d’entre elles exercent ou non une activité ou une profession libérale. C’est tellement absurde que rien ne se fait pour alléger les conditions de vie et garantir le minimum de décence à ces femmes ayant perdu leur mari pour libérer le pays », conclut-elle.

M.A.T.

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