Un service de l’état civil complètement dépassé

Devant la vingtaine de guichets ouverts au public, il n’y a pas les chaînes habituelles où les personnes attendent leur tour les uns derrière les autres : ici, ce sont les livrets de familles qui s’empilent les uns sur les autres et les concernés se contentent de former des grappes devant les lucarnes et de guetter leur tour. Et à la deuxième ou troisième heure d’attente, il arrive que certains perdent patience et sont prêts à exploser au moindre incident qui interviendrait.

A Béjaïa, au service de l’état civil de la rue de la Liberté, en temps normal, c’est-à-dire en dehors des périodes de grande affluence que sont les rentrées scolaires notamment où elle peut s’étaler sur plusieurs jours, la durée des attentes pour l’obtention d’une pièce d’état-civil et surtout du fameux extrait de naissance sur registre tournent en général autour d’une demi-journée. A noter cependant, selon certains témoignages, que quand un citoyen se rend compte sur le champ qu’il y a faute dans la transcription d’un nom ou d’une date de naissance et le cas n’est malheureusement pas rare, il ne refait pas la chaîne à zéro, l’employé responsable de l’erreur le prend en charge en lui établissant le document demandé en priorité.

A travers les minuscules lucarnes des guichets, les préposés donnent aux visiteurs l’impression de vivre dans un véritable enfer. En effet, quand ils ne sont pas plongés corps et âme dans le remplissage de l’un des 28 imprimés qui existent au niveau du service, ils se livrent à un ballet incessant qui consiste à aller d’une table à une autre et à ouvrir et refermer les battants des armoires blindées où sont rangés les registres qui renferment les données relatives à chaque natif de la commune. Parfois, l’employé ne trouve pas le registre à sa place soit parce qu’il n’est pas remis à sa place, soit parce qu’un collègue l’a pris avant lui. Dans ce dernier cas, comme il ne sait chez lequel de ses collègues il se trouve, il a le choix entre consulter ceux-ci un par un ou attendre patiemment que le registre revienne à sa place. Et le remue-ménage continuel des préposés entre les tables de travail et les armoires, les citoyens qui attendent dans le hall d’accueil toujours noir de monde et où à certaines heures il n’y a même plus de place pour se tenir debout se demandent s’il n’y a vraiment rien à faire pour améliorer la qualité des prestations notamment la réorganisation du service et l’introduction de l’outil informatique. Certains estiment qu’en responsabilisant chaque employé sur un nombre précis de registres, le service serait plus fluide du fait que l’employé ne perdrait pas son temps à chercher un registre chez ses collègues puisqu’il est le seul habilité à le manipuler mais de l’avis général, la solution radicale au problème des attentes devant les guichets et aux erreurs dans les transcriptions ne viendra qu’avec l’informatisation du service de l’état-civil.

Pour l’ensemble de ces problèmes, nous aurions aimé recueillir l’avis de l’officier de l’état civil, responsable du service, mais après plusieurs rendez-vous manqués pour des raisons majeurses, il nous fait savoir qu’il ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet avant d’enréférer au secrétaire général de l’APC, lequel selon toute vraisemblance n’a pas fait connaître sa réponse.

B. Mouhoub