Il serait vain d’espérer effacer par deux phrases de circonstances, prononcées d’un ton convaincant devant un parterre d’auditeurs, des années d’anarchie, de magouilles, d’invectives, de bassesses, d’indignité, de drames et de catastrophes prémonitoires.
Car quand la mythomanie et la malchance s’emparent d’une personne, cette dernière se transforme en catastrophe ambulante ravageant tout sur son passage tel un cyclone ou une crue d’un oued en furie. Et ce ne sont pas les preuves qui manquent au niveau de la région de Larbaâ Nath Irathen. Espérer responsabiliser un jour, ou pire reconduire de tels individus perturbés, d’humeur instable et d’esprit dérangé dans n’importe quel domaine, tantôt de grands maquisards – qu’ils n’ont jamais été – étant le pire des indigènes de service, tantôt les éminents défenseurs de la démocratie et de la liberté et tantôt de méchants dictateurs oppresseurs, tantôt des seigneurs gaspilleurs de milliards et tantôt de misérables mendiants de crédits et de dons étrangers, reviendrait à condamner leurs institutions et l’ensemble de la population à un suicide collectif, prémédité et certain. C’est une situation qui ne diffère guère de celles de ces gourous de sectes apocalyptiques qui finissent toujours par s’éclipser en fin de compte avec les deniers de leurs victimes, après les avoir déplumées.
Comme les promesses n’engagent que ceux y croient, toutes les tentatives maladroites et vaines de ses soutiens de boutiquiers de circonstance – des soutiens qui disparaîtront aussi vite qu’ils s’étaient installés – ne réussiront jamais à s’imposer ni même à survivre longtemps devant le changement inévitable, légal et sans choix du moins mauvais, auquel aspire tous les citoyens. Que vaudrait réellement la parole d’une poignée de “khobzizts”, vendables au moins offrant, face à la colère et au dégoût de milliers de désespérés spoliés et qui partagent un seul et même sort celui de victimes éternelles de la bêtise et de la magouille ? La réponse peut être : que dalle, à la seule condition que tous ces méprisés et laissés – pour compte se décident à prendre leur sort en main et à refuser ce qu’on peut appeler une “calamité” d’une époque révolue à jamais.
S. K. S.
