«Quand je parle de lobbies, dit-il, je sais de quoi je parle !». L’ancien chef du gouvernement persiste et signe ainsi une déclaration interprétée par les observateurs comme un avatar extrême de sa défiance vis-à-vis du pouvoir du moment. Il ajoute même un petit dessin à l’attention des plus lourds à la détente : «Il y a une minorité, une poignée de voyous qui saignent à blanc le pays».
Il faut ajouter à l’endroit de ceux de nos lecteurs qui raffolent des analyses d’alcôves, qu’Ouyahia n’aura gratifié, le long d’un discours de près d’une heure, d’aucune pensée pieuse ni la coalition gouvernementale ni le chef de l’Etat.
Sur un autre plan, le leader du RND appelle les futurs élus locaux à s’écarter de la politique politicienne et à privilégier une gestion probante pour le bien-être du citoyen. «La gestion locale, souligne-t-il, n’est pas affaire d’idéologie mais bien une action concrète de tous les jours». La France où le clivage gauche-droite «n’a plus cours » est convoquée pour l’exemple.
Mais c’est surtout le thème de la décentralisation qui aura meublé l’essentiel du discours de l’ancien chef du gouvernement. Bien qu’il revient itérativement dans le discours politique de ces 40 dernières années, ce thème, estime-t-il, n’a jamais été accompagné d’un contenu concret. L’orateur a multiplié les exemples extraits de la chronique locale pour conclure, en substance, que l’éloignement de l’autorité centrale et sa méconnaissance des spécificités locales produit d’immenses quiproquos sur le terrain. Le maire de la très accidentée commune de Béni-Maouche qui demande à faire bénéficier les populations de bœufs s’entend répondre que seuls des tracteurs sont prévus dans le cadre de la politique de soutien à l’agriculture.
Alexo éprouve les pires difficultés à démarrer parce que le Conseil des participations de l’Etat (CPE) ignorait tout bonnement que l’assiette d’implantation de l’usine de son associé public, Somacob, était, entre temps, versée à la surface urbanisable, et tutti quanti.
Ouyahia appelle, par conséquent, à un élargissement des prérogatives des élus locaux pour une saine compétition entre les régions (un mot qu’il ne prononce pas ) et évoque la création de pôles de compétitivité regroupant plusieurs wilayas.
M. Bessa
