Un document filmé rendu public

Cette diffusion intervient suite à la signature d’un protocole d’accord pour la récupération des archives de la Révolution algérienne entre le Gouvernement algérien et son homologue français.

Filmé le 7 octobre 1963, soit trois semaines après l’élection de Ben Bella à la tête de l’Etat algérien, ce film est réalisé, selon le reporter, le lendemain du gel par Ben Bella de la Constitution pour acquérir les pleins pouvoirs. Ce document qui constitue une pièce maîtresse dans les annales de l’Histoire de l’Algérie post-Indépendance, rappelle les positions de Hocine Aït Ahmed et du colonel Mohand Oulhadj, par rapport à l’accaparement du pouvoir par Ben Bella.

Lors des entrevues du journaliste avec les deux leaders de l’insurrection, M. Aït Ahmed avait déclaré que  » le peuple vit une misère morale et une autre sociale « , et de souligner que  » toutes les portes du dialogue sont fermées par le pouvoir  » qu’ils ne  » cherchent qu’à renverser « . De son côté, le colonel Mohand Oulhadj avait indiqué au journaliste qu’il est  » prêt à reprendre les armes si le gouvernement algérien venait à remplacer le colonialisme « .

Le colonel de la wilaya III avait souligné qu’il est contre  » l’effusion du sang des Algériens  » et se disait prêt à  » défendre toujours l’honneur et la dignité des moudjahidine et des militants « . Le journaliste avait interrogé un vieux du village qui serait un fidèle compagnon du colonel laqquel à déclaré à l’adresse du journaliste qu’en Kabylie en particulier et l’Algérie en général,  » ils sont la plus vieille démocratie au monde « .

Avec cette brèche ouverte dans l’Histoire de l’Algérie depuis l’été 1962, où les différents courants politiques et les luttes internes pour la prise du pouvoir, sentis même durant la Révolution, commençaient à voir le jour.

Ces discordes tues pour les besoins de la lutte contre le colonialisme ont jusqu’au jour d’aujourd’hui façonné le champ politique national.

M. M.