Shalom fell-awen !

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A peine Kaci l’angoisse, le candidat préféré des Ait R’gad, avait-il lâché le mégaphone que Sadiya n l’euro lève la main pour prendre la parole. Tabergazt n’attend pas que Kaci l’invite à rejoindre la scène de fortune. Elle fonce, saisit le porte-voix et, contre toute attente, chante : «J’ai de l’amour plein la tête, un cœur d’amitié. Je ne pense qu’à faire la fête et m’amuser… dans toute la ville, on m’appelle le mendiant de l’amour… la, la, la…»

At Taddart sont stupéfiés. Tous reconnaissent à Sadiya de l’audace et une attitude atypique. Mais là, ils trouvent que tamghart n dawessu a dépassé les limites autorisées par le sacro-saint mizan kabylo-kabyle. Quelle mouche a piqué Sadiya-nnegh ?, s’interrogent-ils. Se serait-elle trompée d’hymne national ? Envisagerait-elle d’en inventer un autre pour supplanter Aghuru.

Les plus âgés avaient reconnu «Le mendiant de l’Amour» d’Enrico Macias. Après cinq bonnes minutes n tsusmi, une voix tente une explication : «Sadiya n l’euro est habité par un djinn juif !». La vieille atypique le regarde dans les yeux et le somme : «tais-toi, tughmest ! Taisez-vous tous et écoutez !». Les murmures s’estompent. Les plus jeunes sont tout ouie. La situation les amuse. Les vieux, par contre, sont mal à l’aise. Ils ont perdu de leur assurance. Amghar azemni ne sait pas comment réagir face à cette effronterie. Il ne fait et ne dit rien. Il attend la suite.

Sadya change de ton : «Shalom fell-awen ! Rassurez-vous, Sadiya n l’euro n’est pas devenue folle. Elle n’est habitée par aucun djinn de quelle confession qu’il soit. D’abord je demande pardon i wemghar azemni. Ih, nâam a ccix semmeh-iyi ! Dayen ur ksanegh ara. Bezzaf, Belkhadem-ina yebgha ad yughal d acikur. Anigh kfan yergazen? Et ben, ala ! je suis là. J’ai décidé de lancer un comité de soutien i Enrico Macias. J’ai commencé par ouvrir une boutique à Constantine. Semmagh-as : “igitaren n Enrico”. J’ai même décidé d’appeler ma petite fille, née ce matin, Enrico. Je compte sur votre aide à tous. Enrico Macias sera l’invité n At R’gad. Ma yebgha rebbi, il animera un gala ici même, le huit mars prochain». après une bonne minute de silence radio, les jeunes en tapant sur tout ce qui leur tombe sur la main : «Sadiya, présidente… !». La vieille venait de voler la vedette à Kaci l’angoisse.

*Tant qu’il y’aura des clowns

Dans le cirque de la vie

Sous l’immense chapiteau

Jusque dans la tragédie

Y a toujours un rigolo

A grands coups de ridicule

Et de tapes dans le dos

Les comiques nous bousculent

Et bravo !

T. Ould amar

t.ouldamar@yahoo.fr

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