Le FFS, parti unique… d’opposition

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Mais cela n’empêche pas Karim Tabou de faire dans l’emphase et la grandiloquence. Le premier secrétaire national du FFS, qui arrive une heure et demie après l’horaire prévu, fait dire, par la tête de liste APW, qu’il fut “ malmené par la police de Oued-Ghir ” (sic). On ne saura pas plus sur cette affaire de police. Mais quoi de plus “ normal ” qu’un Etat policier malmène ses opposants ? Car Karim Tabou en est un pur et dur. Particulièrement en verve et inspiré, il brocardera tout au long d’un discours de plus d’une heure le système et ses opposants de pacotille. Noureddine Boukrouh, Ahmed Benbitour, Ali-Fawzi Rebaïne, Moussa Touati, Louiza Hannoune et d’autres sont gratifiés de pleins de noms d’oiseaux. “ Des faussaires de l’opposition ! ”, les qualifie dédaigneusement le lieutenant de Hocine Ait Ahmed. “ Où est passé Ali Benflis ? Lui a-t-on soufflé une fin de mission ? ”. Et la machine à fabriquer des opposants tourne et tourne encore.

Saïd Sadi en aura particulièrement pour son grade. “ Zerhouni n’est pas un produit de campagne ! ”, assène Karim Tabou, qui se montre très irrité de l’imitation que fait le RCD de sa croisade contre le ministre de l’Intérieur.

“ Nous avons des problèmes politiques avec le ministre de l’Intérieur, nous ne minaudons pas une place au gouvernement. Nous ne sommes pas à vendre !.” Le RCD de Sadi, si.

Le numéro 2 du FFS n’épargne néanmoins pas le ministre de l’Intérieur qu’il accuse de préparer la fraude et d’avoir rejoint la lutte de libération “ quand De Gaule allait siffler les temps morts ”. Méthodiquement, et documents à l’appui, il revient sur l’affaire de l’invalidation de certaines listes FFS par le département de l’Intérieur et l’accusation d’un “ maquisard pur et dur ” d’avoir eu un comportement contraire aux intérêts de la Révolution. “ Zerhouni a refusé un face-à-face à la télé, il va, je présume, nous répondre lors de la proclamation des résultats officiels des élections ”.

“ Nous sommes mal-aimés par le pouvoir et nous en sommes fiers ”, s’esclaffe Karim Tabou sous des tonnerres d’applaudissements. “ Nous sommes les héritiers du FLN libre des maquis, aujourd’hui en Algérie, il n’y a de choix qu’entre le système et le FFS”, s’enflamme encore Karim Tabou.

La salle est en délire. Karim Tabou aura vraiment gagné les galons de second d’Ait-Ahmed. Quant au FFS…

M. Bessa

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