La galère des résidants

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l Cela fait quatorze longues années — deux septennats ! — que les résidants des 24 logements d’accompagnement du CEM d’Ighram, organisés en association, font antichambre auprès des pouvoirs publics pour obtenir la délimitation et la régularisation du terrain d’assiette de leur cité, conformément aux plans parcellaires et de masse appropriés. Une opération légale qui, espèrent-ils, leur permettrait d’ériger une clôture à même de les protéger des intrusions et les prémunir contre les velléités expansionnistes de certains riverains qui ont déjà grignoté des pans de cet espace de servitude. Mais c’était compter sans l’incurie et la fuite en avant des responsables, qui font la part belle aux professions de foi sirupeuses. D’actes concrets en revanche, point ! Les résidants — tous des éducateurs — ont, en effet, saisi toutes les instances, y compris celles qui sont peu ou prou concernées par ce problème. Des requêtes à la pelle dont le retour d’écoute a emprunté la voie des promesses sans lendemains, quand elles ne sont pas, tout simplement, restées lettre morte. Aujourd’hui, la cité arbore toujours une triste figure : avaloirs comblés, trottoirs défoncés, entrées des immeubles inondables, insalubrité, promiscuité, piste carrossable traversant le site… Quoi de plus incongru ? A croire que les résidants sont sommés de boire le calice jusqu’à la lie en cohabitant indéfiniment avec les mauvaises odeurs, en endurant toutes sortes de nuisances et en composant avec l’insécurité. Le plus exaspérant dans l’histoire est que ces infortunés éducateurs souffrent le martyre presque inutilement, dès lors que leur calvaire peut trouver des solutions, pour peu que la volonté soit réelle.

N. M.

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