La rue partagée

C’est le silence radio, a souligné M. Salah Souileh, secrétaire général de l’Union générale des artisans et commerçants algériens (UGCAA). Ce dernier a souligné que le secrétariat exécutif va se réunir aujourd’hui afin de trancher les actions à entreprendre en guise de rebondissement à la position de leur vis-à-vis. Une grève illimitée est fortement envisageable, ajoutera notre interlocuteur. Concernant le taux de suivi lors de la deuxième journée, il aurait atteint les 80%, à en croire M. Souileh. A Alger-centre, même s’ils ne sont pas nombreux, certains boulangers ont levé rideau. Les fast-food et les restaurants ont été les premiers à être pénalisés par cette grève. Ils ont eu du mal à s’approvisionner en cette denrée alimentaire. Un propriétaire d’un fast-food, à la rue Larbi Ben Mhidi, nous a confié qu’il était contraint de se déplacer jusqu’à Tipaza pour acheter du pain. Car « dans les environs, le pain est introuvable », dira-t-il. Du côté des consommateurs, un petit sondage auprès de la vox populi nous a suffi pour constater que ce mouvement de débrayage des boulangers semble les inquiéter. « Pourvu qu’il ne dure pas », nous dira une vieille dame, rencontrée au marché Clauzel. Cette dernière craint que le gouvernement cède à la pression des protestataires et par conséquent augmenter le prix du pain.  » Avec le pouvoir d’achat des Algériens, je ne pense pas qu’il pourrait y avoir quelqu’un à approuver cette proposition », fulmina-t-elle. Un peu plus loin, un homme d’un certain âge, a de son côté, déploré la situation. « Ce n’est pas normal toutes ces augmentations. Nous ne savons plus à quel saint nous vouer », dira-t-il sur un ton coléreux. Au-delà de cet aspect, seuls les fourneaux de la galette ont bénéficié de cette grève. Les femmes ont été contraintes de retrousser les manches pour pétrir. Cette grève a également constitué une aubaine pour les vendeurs de galettes qui ont vu leur recette monter en flèche.

Wassila O. H.