Ballottage à l’APC

A Boudjellil, 90 km à l’ouest de Béjaïa, la liste indépendante « Rupture », le RCD et le RND ont obtenu au scrutin de jeudi 3 sièges chacun. Les partisans du RND ont exulté à l’idée que dans cette configuration le maire sortant puisse être réintronisé au bénéfice du paramètre de l’âge. A Beni Mansour, le siège de la liste Rupture connaît une animation sans précédent et les fans d’Ali Maidouche ont défilé avec fracas la nuit de vendredi pour fêter « une double victoire » : celle d’avoir en un mois d’existence réussi à obtenir les mêmes suffrages que des partis politiques de la trempe du RCD et du RND. Une seconde raison d’explorer leur joie est d’avoir en ce temps record pu infliger une défaite cuisante au maire sortant détenant le pouvoir local avant 1997. A Boudjellil, le RCD savoure aussi avec faste sa victoire promises sur le RND. Pour les tendances RCD et « rupture » qui ont manifesté leur joie dès l’annonce des résultats, la configuration politique actuelle, les présente dans une position de force avec grâce à l’option d’une alliance anti RND et disposant de tous les atouts pour faire valoir leurs rapports de force et montrer leur vaste marge de manœuvre. Motif mis en avant : le ministre de l’Intérieur n’a pas abordant la question des ballottages, mis en exergue que le recours à ce critère de choix était un vieux réflexe de l’administration et qu’il n’était pas la meilleure manière pour régler un ballottage. Quand à de possibles alliances, elles sont, selon le parti de Sadi et la formation indépendante d’Ali Maidouche, « impossibles » avec le RND. La liste « rupture » et le RCD continuent pour rassurer leurs électorats respectifs de marteler qu’ »ils continueront à faire cause et de se partager la gestion de la commune ». A ce titre Rachid Moussaoui, tête de liste du parti de Sadi, se veut formel : « On l’a dit depuis le début de la campagne, l’alliance avec le RND est hors de question ». Ali Maidouche a dans une allocution adressée hier à son électorat au siège de la permanence écarte toute alliance avec le parti d’Ouyahia. Pour rappel, c’est en s’alliant en 1997 avec le RCD que Mohand Benamara s’est présenté alors en tant qu’indépendant a pu accéder au trône local. C’est dans une configuration presque similaire qu’en 2005, sous la casquette du RND que Mohand Benamara a fait alliance avec l’indépendant Salah Sadi pour s’accorder un autre mandat en rajoutant son siège aux 4 sièges qu’il avait moisonnés des urnes.

Les électeurs des formations entendant faire bloc contre le RND restent sur le qui-vive et promettent d’exercer une pression continue sur leurs élus pour que les mandats qu’ils leur ont accordés ne soient pas « trahis ». L’heure est aux tractations et toutes les options sont sur la table, estiment de nombreux citoyens interrogés à Beni Mansour ou à Boudjellil. Les premières négociations, entre la liste « rupture » et le RCD, ont abouti selon nos sources à un accord cadre qui prévoit une gestion commune et définit la feuille de route à suivre pour mettre en œuvre les principes de l’alliance convenue. Les pourparlers devaient reprendre hier dans l’après-midi pour trancher selon nos sources quelques détails ayant trait à la constitution de l’exécutif communal. Ceci à l’heure où les fans du RND, eux, se réjouissent que « leur favori soit installé « . Que va-t-il se passer ? Quant au scrutin on note tout de même quelques incidents qui l’ont émaillé. A Tigrine, on relève l’étrange présence du candidat n°8 du RND dans le bureau de vote n°1, narguant les présidents du bureau et refusant de quitter les lieux au motif qu’il était un élu et qu’ils n’avaient pas le droit de le faire sortir. Dans le même bureau, un bulletin glissé dans une enveloppe RCD, contenait au dépouillement un bout de papier comportant le numéro 7 inscrit au stylo à bille bleu. A Béni Mansour, 2 bulletins RND ont été retrouvés dans une même enveloppe.

A. F.