Ces commerces à ciel ouvert

Les villes et les centres urbains de Kabylie regorgent d’épiceries, où, pour reprendre la terminologie en usage, les magasins d’alimentation générale. Il est vrai que si ces locaux commerciaux vendent un peu de tout, leur principal rayon est l’alimentation : pâtes, semoules, huiles, conserves… Beaucoup vendent aussi des fruits et des légumes, et tous proposent du lait et des boissons. Bien souvent, ces commerces sont exigus et doivent sortir leur marchandise ou du moins une partie de leur marchandise sur les trottoirs. Ceci au mépris des piétons que l’on pousse ainsi à circuler sur la chaussée et des règles de l’hygiène. Le pain, par exemple, est exposé dans de grands paniers de jonc tressé, dont les mailles, très lâches, laissent entrer la poussière, quand le bout des baguettes n’est pas lui même en contact avec le sol. Les sachets de lait doivent être normalement déposés dans les réfrigérateurs, mais ils sont mis dans des cageots et exposés au soleil : et tant pis si le lait tourne : le vendeur dira à l’acheteur qui se plaint que le lait lui a été livré dans cet état… Les jus et les bouteilles d’eau minérale sont également exposés à l’air libre. Les vendeurs partent du principe que les clients qui les achètent ne les consomment pas sur le champ mais les mettent au fais. Or, ce n’est pas seulement une question de fraîcheur : les boissons exposées au soleil s’altèrent rapidement et peuvent devenir impropres à la consommation. Le cas de l’huile de table est encore plus grave puisqu’elle s’oxyde rapidement à la chaleur et à la lumière. Certains commerçants l’ignorent mais d’autres le savent… Il est peut-être temps que les autorités interviennent et mettent un peu d’ordre dans cette anarchie.

S. Aït Larba