La communication non verbale en Kabylie au centre du débat

Partager

Une rencontre internationale a été organisée durant les trois journées du dimanche lundi et mardi dernier par le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques d’Alger, CNRPH sous le thème “Femmes et savoir dans le monde arabe contemporain”. Le savoir-faire féminin, à travers la communication non verbale dans la région de la Kabylie en la littérature féminine était au centre du débat. Plusieurs sujets ont été abordés par les conférenciers durant la première journée de ce colloque scientifique dont « la femme kabyle et la symbolique du statut de la femme ». Ainsi que « la dynamique de l’écriture féminine et son impact dans le discours littéraire d’Assia Djebar et Malika Mokaddem ».

La conférencière Kenfis Hayet, enseignante à l’université de Béjaïa, a présenté dans son intervention un exposé sur la communication féminine non verbale dans la région de Kabylie, représentée principalement dans la symbolique du tatouage qui prend ses origines des rites et croyances ancestraux.

« Le tatouage n’est pas uniquement une symbolique abstraite et géométrique.

La femme se tatoue pour exprimer quatre sens : soit pour se soigner et se protéger

du mauvais œil, soit s’identifier pour se distinguer des autres ou pour se parer ou soit enfin pour exprimer une sorte d’érotisme », dira-t-elle. La conférencière a ajouté que, que la société kabyle porte la qualification de « société sans écriture et sans histoire ».

Elle a déploré toutefois l’absence de la participation de chercheurs nationaux pour apporter des éclaircissements sur cette situation.

L’invité de l’université de Béjaïa a expliqué que la majeure partie des recherches anthropologiques entreprises sur la société Kabyle se focalisent sur l’apparence des choses (traditions, et artisanat) sans toucher le côté « invisible et abstrait » de la vie au sein de cette société née d’une histoire assez reculée. La deuxième intervention de Kahina Bouanane, une enseignante à l’université d’Oran, s’est centrée sur les discours littéraire des romancières, Assia Djebar et Malika Mokaddem.

Elle a constaté que les deux femmes de lettres partagent un imaginaire propre au Maghreb mais se distinguent dans les discours, expliquant qu’Assia Djebar se caractérise par « un style immergé intégrant ses connaissances sur la littérature française » tandis que les écrits de Malika Mokaddem renvoient les lecteurs vers la mémoire et les voyages au pays.

Bouanane a estimé que la romancière Assia Djebar se démarque par « une harmonie » dans ses écrits, par contre ceux de Malika Mokaddem contiennent « une ambivalence non assumée. Le chercheur au sein du CNRPAH, M. Nacer Aït Mouloud, a présenté pour sa part, une communication portant sur les modalités de la production de la symbolique vestimentaire qui statue la position de la femme à travers les différentes étapes initiatiques de sa vie dans la société kabyle d’autrefois ainsi que ses mutations sociales.

Le colloque, qui a réuni, pendant trois jours des scientifiques, chercheurs, enseignants et universitaires, venus de plusieurs pays arabes, représente une opportunité pour analyser les mécanismes et les parcours historiques et sociaux ayant permis à la femme d’occuper une place importante dans les sociétés du monde arabe, ont estimé les organisateurs. Les travaux de la rencontre seront axés sur trois principales problématiques, à savoir « La femme et l’enseignement dans le monde arabe », « La femme et la recherche scientifique dans le monde arabe » et « La femme et la création artistique dans le monde arabe », selon le CNRPH.

Fazila Boulahbal

Partager