Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales qui s’est rendu sur les lieux des drames de Ben Aknoun et de Hydra quelques heures après le double-attentat perpétré dans la capitale, s’est révélé assez perspicace en annonçant que les attentats du 11 décembre sont signés par la branche d’El Qaida au Maghreb. Jusque-là, Noureddine Yazid Zerhouni ne se trompait pas sur cette fine analyse, mais le ministre de l’Intérieur est allé plus loin en révélant devant un parterre de journalistes locaux et étrangers, une phrase qui a laissé pantois plusieurs d’entre eux : « Je vous avais prévenu que des actes similaires peuvent se produire… » Une formule franche qui laisse perplexe et dont on ne sait pas s’il s’agit là d’un aveu à demi formulé de l’échec d’une politique réconciliatrice. Toujours est-il que même si M. Zerhouni avait prévenu que des attentats kamikazes pourraient se produire, on ne sait pas avec exactitude à qui était destiné ce message et surtout à quelle finalité. Même prévenu, que peut faire le citoyen devant ces fous de Dieu ? Empêcher leurs enfants d’aller à l’école pour se faire islamiser à outrance? Fermer les portes des mosquées où des imams font des prêches incendiaires ? Quelle est donc l’attitude à adopter une fois que le peuple est prévenu des menaces qui pèsent sur lui ? Apparemment aucune chance de trouver la solution auprès des citoyens éternels victimes de la barbarie intégriste. Les solutions politiques existent-elles. La peur qui tenaille le peuple depuis plus d’une décennie doit impérativement changer de camp pour que la république démocratique l’emporte sur le terrorisme islamiste et pour cela seule une politique rigoureuse et sévère pourra permettre l’éradication de ce fléau imposé. Les Algériens et Algériennes ont fait preuve d’un courage exemplaire et d’une patience sans limite, ils sont en droit d’attendre de leurs dirigeants un signe fort.
Les gosses recrutés dans des milieux défavorisés pour servir à devenir des bombes humaines ne sont en aucun cas prédestinés à devenir des kamikazes. Ce sont les tristes conjonctures sociales et économiques qui jouent en faveur des terroristes du GSPC. Les sbires d’El Qaida en effet ne trouvent aucun mal à recruter des jeunes égarés, abandonnés à eux-mêmes dans un milieu souvent hostile. Aux pouvoirs publics d’appliquer une politique permettant l’épanouissement de cette jeunesse, d’autant plus que les caisses de l’Etat n’ont jamais été autant remplies de dollars. Que faire de cet argent si nos enfants périssent dans des barques en pleine mer tandis que d’autres se feront exploser dans les lieux publics pour une poignée de dinars ?
Hafidh Bessaoudi
