Le calvaire des collégiens

A Draâ El Mizan comme d’ailleurs dans de nombreuses communes de la wilaya, le problème du ramassage scolaire se pose avec acuité en dépit des efforts des autorités locales pour satisfaire la forte demande.

Certes, la municipalité a mis à la disposition des lycéens et des collégiens un minibus de vingt-six places, mais cela reste insuffisant. Seules les filles sont prises en charge à raison d’un voyage chaque matin. Selon un chiffre que nous avons obtenu auprès des parents d’élèves, il y a plus de cent cinquante (collégiens et lycéens) qui se débrouillent chaque matin pour arriver à l’heure. De ce fait de nombreux élèves ratent la première séance, notamment en hiver.

Chaque jour que Dieu fait et en dépit du verglas et du froid glacial, on voit sur les bords de la RN 25 des groupes de garçons et de filles attendre l’arrivée d’un fourgon.

« Nos enfants souffrent énormément, et dire que l’enseignement est gratuit. Les garçons n’ont-ils pas droit au transport ? », s’interroge un habitant d’Ath Ouhadjem, un village situé à quatre kilomètres de Maâmar (Centre). Les élèves rencontrés nous ont fait savoir qu’ils sont quotidiennement renvoyés après huit heures. Alors que le soir, ils ne rentrent que tardivement chez eux, traversant des buissons sombres et exposés donc à tous les dangers. « Il faut traverser d’abord l’oued, puis la forêt », nous a dit un élève pris en stop. Comme lui, les enfants d’Iouchatène ne réussissent pas dans leurs études, en raison de l’éloignement et du manque de moyens. Pour ces élèves, à chaque jour suffit sa peine.

Ce manque nous a été aussi signalé par les parents d’élèves des villages de Tazrout et de Aouaoudha. Bien que la commune ait bénéficié de quelques minibus de la part du ministère de la Solidarité nationale, le manque reste criant. Tandis que le parc roulant est vétuste. Sinon comment affecter des camions aménagés dont les bâches sont parfois déchirées au transport des écoliers.

« Ce n’est pas le tarif de dix dinars que nous ne supportons pas, mais c’est cette galère que subissent nos enfants », a déploré un autre parent. Et puis, personne ne peut dire que chaque parent peut payer quotidiennement plus de cent vingt dinars pour uniquement les frais du transport quand il a parfois trois à quatre enfants scolarisés par ces temps de vaches maigres.

Amar Ouramdane