Fraude et magouilles au pied du Djurdjura

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La fraude et les magouilles qui faisaient constamment corps avec les rendez-vous électoraux dans de nombreuses contrés de notre pays, ont fini par nous rattraper en Kabylie. Il est bien loin, en effet, le temps où notre région foisonnait en idées saines et fécondes, et offrait des espaces ouverts aux débats libres et enrichissants.

L’acte de vote revêtait, dès lors, une importance capitale et exprimait l’affirmation politique et citoyenne très forte. Cet “ humus ” démocratique, couronnement de tant d’années de luttes et de combats politiques, que l’on croyait naïvement acquis définitivement, a été graduellement dilapidé pour laisser place aujour d’hui au marché de dupes. A croire que les promotions Naegelen qui faisaient passer leurs candidats comme une lettre à la poste, mis à part en Kabylie, ont réussit finalement à prendre leur revanche et à faire des émules. Le cas de la commune d’AÏt Boumahdi dans la daïra des Ouacifs, illustre parfaitement ce dépérissement accru du suffrage universel, et mérite amplement d’étre signalé, car ayant tôt commencer, et allant crescendo depuis au moins une dizaines d’années.

En effet, on peut remonter une décennie en arrière dans l’histoire des élections locales pluralistes sans retrouver aucunement dans la rétrospective un maire démocratiquement élu.

Ce fut le cas en 1997 où la cité administrative de concert avec l’administration locale, s’était rangée armes et bagages avec l’ex-DEC, porté candidat indépendant.

Tout était fait alors pour son intronisation, jusqu’à transformer l’institution locale en Q.G du candidat. A quelques détails près, les mêmes procédés et interférences étaient reconduits loin des partielles des 2005, bafouant au passage, les règles les plus élémentaires, devant assurer la neutralité de l’administration et par ricochet l’égalité des chances entre les candidats.

En 2007, la donne a complètement changé avec l’entrée en lice de six ( 06 ) listes de candidats ( FFS, FLN, 2 listes indépendantes, RCD et RND ) postulant pour les sept (07) siéges que compte l’APC, et dont certaines ont été préfabriquées et/ou encouragées à l’effet d’hériter tout péril d’une majorité réfractaire la suprématie de l’administration. L’autre nouveauté encore, a été que le “ bloc administratif ” était dessoudé cette fois, et chacune de ses deux entités avait lancé son “ poulain ” dans la course.

Cela étant, la campagne électorale a été l’occasion idoine pour certain candidats et leurs cercles rapprochés, en demeurant bons nageurs en eau trouble, de convoquer et de s’appuyer sur les archaïsmes au point d’en faire l’axe stratégique de leur démarche, de brouiller la scène électorale locale même au risque de provoquer les déchirements et clivage des plus dangereux.

Mais pour des interets étroits bien compris de beaucoup-seule la victoire, même sans gloire, comptait à leurs yeux. A ce titre, on peut citer le recours au subjectivisme, l’émotion et l’exploitation sans vergogne, des fibres sensibles l’opposition entre villages, “ iderman ”…., soudainement des électeurs, harcèlement des familles à voter aux “ nif ”ou “ indépendance ”, bulletins volants à ciel ouvert, accostage de jeunes, à proximité des centres de vote,voire même à l’intérieur pour guetter les vielles femmes et leur remettre des bulletins,…

En résumé, du “ gangstérisme électoral ” de 1997 au “ braconnage ” de 2007, le potentiel politique et démocratique de nos villages s’est dangereusement consumé et le droit de vote considérablement perverti, il reste encore un long chemin, à parcourir avant d’espérer élire selon des normes en cours dans les sociétés modernes, le premier magistrat de notre commune. Et c’est à ce moment là seulement qu’on poura compter sur lui, le féliciter et le congratuler, ce sera le président élu librement et consciencieusement par ses concitoyens et du coup, on aura remis notre municipalité sur orbite.

Zerar. Saadi

Ex-candidat-FFS à l’APC Ait Boumahdi

Ex-correspondant de presse.

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