En plus des aspects économiques liés à leur activité, nos artisans essayent comme ils peuvent de mettre en valeur le travail artistique, ce qui signifie que les produits artisanaux tels les bijoux, les habits traditionnels et la tapisserie font partie de notre patrimoine culturel.
Ainsi, la classification peut varier d’un produit à un autre, d’où le prix de la Meilleure œuvre de l’artisanat d’art et de l’authenticité de la création institué par le président de la République.
Cette année, le Salon de la créativité et de l’innovation organisé à Alger par le ministère de la PME et de l’Artisanat et par l’Agence nationale de l’artisanat traditionnel a été une occasion pour les artisans de la Kabylie, notamment ceux de la wilaya de Tizi Ouzou, d’affirmer encore une fois leur attachement à leur métier et à l’art traditionnel. Cet engagement et ce dévouement n’ont pas été vains puisque un artisan bijoutier de la commune de Boghni s’est vu décerner le premier prix de « l’innovation et de l’authenticité du président de la République ».
Il s’agit de Kamel Bourahla, un adepte de ce genre de manifestation depuis que des mesures incitatives ont été prises par l’Etat en vue de réactiver le plan d’action pour le développement de l’artisanat.
En témoigne sa participation à plusieurs reprises à des salons organisés et durant lesquels ses œuvres occupaient une place particulière en dépit de la concurrence des exposants des autres wilayas, chacun avec la qualité des objets présentés.
En 2005, notre lauréat a eu déjà l’honneur de recevoir un titre honorifique pour lors d’un concours national sur le thème de l’art artisanal qui s’ajoute aux nombreuses participations à l’étranger dans le cadre des échanges avec les pays de l’autre rive de la Méditerranée.
S’agissant de son œuvre artistique, qui a suscité l’admiration des visiteurs du salon d’Alger et les faveurs du jury, c’est une mosquée en argent dont la conception a demandé un temps de travail dépassant une année, mais c’était pour fournir une œuvre de qualité pleine de couleurs et à la mesure de l’événement organisé sous le haut patronage du président de la République.
Cependant, avant d’atteindre un tel succès qui redonnera certainement un nouvel élan aux artisans bijoutiers de la région, il fallait surpasser plusieurs obstacles, particulièrement ceux relatifs à la cherté des métaux (l’argent) et le monopole qu’exerce l’agence nationale pour la transformation et la distribution de l’or et des autres métaux précieux, ce qui a mis un frein à la concurrence loyale lorsqu’il s’agit de commercialiser les bijoux.
Tout compte fait, grâce aux soutien de la Chambre de l’artisanat et des métiers et son directeur, Ali Asmani, notre interlocuteur ne désespère pas de voir l’art traditionnel kabyle évoluer dans le sens souhaité, à savoir « donner une dimension universelle aux œuvres de l’artisanat d’art ».
M. Haddadi
