Des rappels en attente depuis cinq ans

En matière de reconnaissance pour services rendues à son personnel, la Direction de l’éducation de Tizi Ouzou ne peut pas se targuer d’être aux premières loges. Pire encore, non seulement les enseignants partent en retraite dans l’anonymat le plus total mais aussi, on ne prend même pas la peine de les régulariser, dans leurs droits. C’est à croire qu’après leur départ, les retraités de l’éducation sont effacés des listes pour que personne n’en parle plus jamais. A Aïn El Hammam, ils se comptent par dizaines les ex-enseignants qui se plaignent d’avoir été spoliés de leur dû. Certains réclament des heures supplémentaires non payées depuis 2002 et 2003, d’autres, des rappels d’échelons ou des primes de rendement qu’ils devaient percevoir depuis cinq longues années. Les services financiers de l’académie reçoivent périodiquement les doléances de cette frange de personnel et ne « se lassent jamais de nous demander de confectionner dossiers sur dossiers puis de promettre la régularisation des retards à la fin de chaque trimestre. Nous attendons, encore une fois, la fin 2007, sans trop de conviction », nous dit un ex-PEM de français. On régularise de temps à autre, les maîtres qui sont toujours en service alors que « nous autres, on nous nourrit d’espoir », ajoute-t-il. Ni les syndicats auxquels ils étaient affiliés, ni la FNTR ne se soucient de ces cas. D’une année à l’autre, après plusieurs changements de directeurs de l’éducation et autant de promesses de régularisation, les retraités désespèrent de goûter un jour, au fruit de leur travail, cet argent pour lequel ils ont sué. Pour l’anecdote, un ancien surveillant général qui vient de nous quitter (que Dieu ait son âme), il y a un mois environ, après une longue maladie, n’a pas pu profiter de son rappel. Parlant de son argent, il disait « nous ne le verrons jamais ». Le temps lui a donné raison.

Nacer B.