Un homme de convictions

Connu pour son combat en faveur de la culture berbère dont il a pris la défense à une époque où les libertés n’avaient pas d’existence dans notre pays, cet homme auquel on reconnaît également un engagement inconditionnel aux côtés des Républicains, faisait partie des rares personnes qui ont eu accès au savoir durant la période coloniale. Cette chance, il la doit à ses parents qui ont consenti le sacrifice de vendre des biens familiaux pour lui permettre de rejoindre l’Ecole normale de Bouzaréah. En devenant enseignant, un fait rare pour un autochtone dans les années 40, il a eu par la suite une immense chance d’être sous la responsabilité du monument de la littérateur algérienne, à savoir Mouloud Feraoun, grâce auquel il s’est imprégné des valeurs universelles mais aussi des règles pédagogiques qui feront de lui après l’indépendance un enseignant modèle. Parallèlement, en dépit de sa fonction sous l’autorité coloniale, dans son village natal l’Azib n’Cheikh, tout le monde s’accorde à affirmer que sa participation au combat libérateur a été active. Ce parcours plein d’événements l’a inspiré au début des années 80 d’écrire un roman autobiographique ayant pour titre Le Combat des veuves, édité aux éditions Laphomic, cette œuvre écrite dans un style romanesque simple, n’est en fait qu’un hommage mérité aux femmes kabyles, particulièrement les mères devenues veuves à cause de la guerre, une situation qu’il a vécu lui-même dès son enfance. Parmi ses œuvres publiées, on peut citer aussi la Malédiction, parue en France, mais sans qu’on sache le contenu. Une chose en est sûre, Mohammed Haddadi, mort à l’âge de 88 ans et enterré dans son village dimanche dernier, demeurera un exemple pour les générations futures, à l’instar d’autres hommes de valeur qui constituent notre fierté.

M. H.