Le troisième mandat, tombeau de l’Alliance ?

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Les dissensions nées au sein de l’Alliance présidentielle, depuis l’annonce du troisième mandat pour le président Bouteflika, se font sentir de plus en plus. Après presque quatre ans d’existence, ce conglomérat de partis n’a produit aucun impact réel sur le terrain. L’Alliance présidentielle, organisation politique née afin d’accompagner le programme du Président n’a pas encore quitté le virtuel. L’alliance entre ces partis ne se fait sentir au-delà de la simple coalition dans les assemblées élues.

La question de leadership qui la mine depuis sa naissance l’accompagne depuis. Avec un bilan pour le moins, peu convaincant, la question du soutien à la révision constitutionnelle pour permettre au Président de briguer un troisième mandat arrive à point pour enterrer l’Alliance.

Après le réquisitoire des plus virulents d’Ahmed Ouyahia contre la politique prônée par son partenaire de l’Alliance et non moins chef du gouvernement, voici venu le tour de Bouguerra Soltani, patron du MSP de descendre en flammes le même Belkhadem. Pour le MSP, « les agitations » du FLN à propos de la révision constitutionnelle pour un troisième quinqennat pour Bouteflika « altèrent et pourrissent le cours normal des choses». Selon le chef de file du MSP, l’annonce faite par Belkhadem était prématurée, car d’autres préoccupations méritent d’être réglées avant. Le pamphlet de Bouguerra contre son allié de l’Alliance ne s’arrête pas là. Ainsi, il considère que la campagne menée par le FLN va influer négativement sur l’Alliance. Une manière pour Bouguerra de jeter l’opprobre sur la coalition et d’apporter sa signature sur son acte de décès définitif. A titre de rappel, Abdelaziz Belkhadem a « menacé » ses pairs de l’Alliance dans le cas où ils n’apporteraient pas leur caution et soutien pour un troisième mandat. Plus encore, Bouguerra considère que la rencontre entre le gouvernement et les walis n’a pas apporté les résultats escomptés. Elle est restée, selon lui, dans son cadre administratif sans associer les jeunes dans la dynamique, afin d’endiguer le phénomène d’el harraga. Avec cette affirmation, le MSP égratigne la politique du Président envers la jeunesse et se démarque, même, un tant soit peu, de la politique gouvernementale. A propos du terrorisme, le successeur de Nahnah à la tête du MSP prédit l’élargissement des dispositions de la Charte. Il prône « l’ouverture de la voie devant les islamistes armés repentis, les prêcheurs et les théologiens pour revoir le concept de djihad », dans le but « de convaincre les terroristes à délaisser les armes et entrer dans les rangs de la réconciliation ».

Alors que le RND affirme qu’aucune autre solution politique n’est envisageable avec les terroristes, voilà que son allié de l’Alliance prophétise le contraire. Un point de discorde supplémentaire au sein de la coalition, qui n’ira pas sans incidents majeurs sur ses membres.

Avec cette sortie pour le moins fracassante de Bouguerra Soltani contre l’ex-parti unique, l’indécision du RND sur la même question et le prélude à la persévérance du FLN, seraient-ils la mise à mort officielle de l’Alliance ?

Mohamed Mouloudj

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