Les rendements oléicoles en baisse

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Le rendement de 16 à 17 litres d’huile par quintal d’olives est considéré comme faible par comparaison à la saison précédente où le rendement était de 20 litre par quintal et la récolte plus abondante. Durant les années de bonnes récoltes la trituration peu donner jusqu’à 30 litres par quintal.

Les plantations des oliviers de Seddouk se situent dans une zone à relief accidenté où la pente est plus abondante que le plat : elle peut atteindre dans certains endroits 60 %. Cette région, au cœur de la Kabylie, détient les plus vastes et les plus denses oliveraies de la wilaya de Béjaïa après celles de Tazmalt qui comptent 1 4580 hectares. La superficie des oliveraies dans la seule daïra de Seddouk est estimée à 1 0727 hectares, suivi de celle d’Akbou 8 040 hectares et de Sidi Aïch

5 218 hectares.

Ces quatre daïras réunies représentent 65% du parc oléicole de la wilaya de Béjaïa qui détient un quart du parc national. Les variétés de l’olivier présentent dans le bassin de production de la wilaya sont à 45 % de type Chemlal, 20% Azeradj et 20% Limli.

Le rendement quantitatif de cette saison est perturbé à cause des feux de forêt qui ont réduit en cendre plus d’une oliveraie, des conditions climatiques et agro-écologiques engendrant la faible fructification et le retard de maturation des fruits, sans oublier les vols et les actes de sabotage perpétrés en fin d’été dans les oliveraies que les feux ont épargné, ce qui a contraint les comités des villages à instaurer une interdiction “Tamukint” de toutes récoltes avant la date du 23 décembre. L’interdiction est appliquée mais sans respect du cycle de maturation normale des olives, bien que le moment propice pour la cueillette c’est quand le fruit est débarrassé de la couche poudreuse qui l’enrobe, laissant apparaître une couleur luisante homogène. Quand la récolte est précoce, le fruit n’a pas atteint sa composition maximale en composés phénoliques conférant une saveur à l’huile extraite et en antioxydants assurant sa conservation. En revanche, pour une récolte retardée le fruit est plus riche en huile mais peut constituer un milieu idéal au développement des moisissures, d’où une conservation courte des olives et une forte acidité de l’huile extraite.

La qualité de l’huile est tributaire des conditions pédoclimatiques, des variétés de l’olivier, de la manière de récolter et des conditions de stockage et d’extraction. Le classement des huiles se fait par rapport à sa contenance en acide oléique. Elle est dite huile extra vierge si le taux d’acide gras oléique ne dépasse pas 0,8 %, vierge si l’acidité varie entre 0,8 % et 2% et quand la plage d’acidité est de 2% à 3,3 % l’huile est dite vierge courante. L’huile d’olive de la Kabylie est très appréciée et considérée de bonne qualité mais reste pour le marché extérieur acide et en deçà des normes en vigueur.

Très enracinée dans la culture culinaire de la Kabylie en particulier et de la méditerranée en général, l’huile d’olive est utilisée pour l’assaisonnement et la friture. D’après le conseil oléicole international ; c’est une huile de friture par excellence, son point de fumée est de 210 C, nettement supérieur à la température idéale de friture des aliments qui est de l’ordre de 180 C°. A ce point, les huiles se dégradent et génèrent des substances toxiques pour la santé. D’autre part, l’huile d’olive peut-être réutilisée plusieurs fois pour la friture sans qu’elle perde sa qualité gustative et son volume.

La place qu’occupe l’oléiculture dans le secteur économique n’est plus à démontrer dans cette région. Défavorisée par son relief très accidenté et ces terres à fertilité réduite, cette agriculture représente le premier secteur économique qui peut générer presque 2,5 millions de journée de travail pas an, mais nos responsables tardent à proposer un plan de développement pour promouvoir ce secteur, voire même, hésitent à copier sur notre voisin la Tunisie, deuxième exportateur et quatrième producteur dans le monde. Sa production annuelle est estimée à 130 000 tonnes alors que celle de notre pays plafonne à 40 000 tonnes. C’est lamentable à désespérer. Et dire que l’Algérie fait plus de quatorze fois la superficie de la Tunisie !

Ikhenache S

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