L’exemple de la commune de Tizi Ouzou, englobant à elle seule les localités de Boukhalfa, Oued Aïssi, Betrouna, Hasnaoua, Redjaouna, Tala Athmane… reste le plus frappant, dès lors que cette circonscription gère plus de 100 000 habitants. L’autre cas, original, du dernier découpage administratif est bien celui de Tirmitine. Cette commune compte quatre contrées, très, séparées l’une de l’autre. On retrouve Zerrouda et Megdoul situées sur le chemin reliant : Draâ Ben Khedda à Maâtkas, Harouka située sur le CW 147, Aït Arif et enfin Tirmitine au centre. Pour rejoindre son chef-lieu communal, le citoyen de Aït Arif est contraint de « descendre » vers l’ex-Mirabeau pour pouvoir rallier ensuite sa mairie en remontant vers son chef-lieu communal. Même topo pour le citoyen réside à Zerrouda lequel doit également passer par Draâ Ben Khedda, remonter vers Tirmitine. Dans l’autre région de la Kabylie maritime, une bonne partie des citoyens de Boudjima se sentent beaucoup plus proches de la daïra de Ouaguenoun, alors que leur commune est affectée à la circonscription de Makouda. Dans la daïra de Draâ El Mizan, les villages de Boumahni pourraient à eux seuls constituer une commune, mais ils dépendent de la petite ville de Aïn Zaouia, érigée en chef-lieu communal. A Maâtkas ce sont les 15 villages de Berkouka (10 000 habitants) qui se voient dans l’obligation de passer par une tierce commune (Souk El Tenine) pour rejoindre leur chef-lieu communal Souk El Khemis. C’est dire que ce ne sont pas les exemples qui manquent quant à l’archaïsme du découpage administratif de 1984 effectué, sans aucun doute, sans études géographique et sociologique des villages kabyles. Aujourd’hui, avec une démographie, toujours aussi galopante, tout plaide pour une révision de ce découpage irrationnel, surtout que beaucoup de localités souhaitent être érigées en commune, daïra et même en wilaya.
Idir Lounès
