Les paysans de Takliat courent après le PPDR

Si objectivement l’octroi de crédits pour le financement des actions individuelles répondsà des critères et conditions définies par la réglementation en vigueur, il n’en demeure pas moins que des paramètres plus assouplissants à l’égard de cette catégorie de paysans nécessitent étude et réflexions pour alléger la procédure devant leurs permettre de bénéficier de ces crédits. Ces décisions encourageantes qui relèvent des instances compétentes auront un impact certain dans l’esprit de ces agriculteurs qui stimuleront davantage leur volonté d’adhérer à la concrétisation de ce programme de développement au profit du monde rural qui constitue une opportunité à asseoir une véritable perspective d’avenir pour l’agriculture d’une façon générale à travers ses multiples et diverses actions mais surtout contribuera à l’amélioration des conditions de vie de cette couche sociale qui a besoin d’aides de l’Etat avec leurs effets positifs sur le plan économique à moyens et longs termes.

Pour ce cas d’espèce qui est le PPDR de Takliat, il s’agit d’un projet à réaliser dans la localité qui offre des potentialités non négligeables pour l’agriculture d’une superficie de 95 ha. Les actions collectives concernent la réalisation d’un forage, ses équipements, la construction d’un bassin d’accumulation, l’ouverture d’une piste sur 4 km, l’aménagement d’une autre sur 2,5 km, les corrections torrentielles et enfin l’alimentation en énergie électrique. Pour celles à usage individuel, il s’agit des plantations fruitières et viticoles, ainsi que la création d’unités de petits élevages.

Aussi, pour le cas précis de ce PPDR de Takliat, en raison de la particularité du monde rural de part ses spécificités propres, bien que les agriculteurs sont disposés à développer leurs activités agricoles et à améliorer leurs conditions de vie, ils ne peuvent se permettre de solliciter des crédits bancaires auprès de la BADR pour le financement de leurs actions individuelles du fait qu’ils ne peuvent ou ne disposent pas de biens à hypothéquer à titre de garanties pour accès à ce mode de financement. Telles sont les raisons essentielles qui ont provoqué les retards dans le lancement de ces régions, au risque d’influer défavorablement sur la concrétisation de ce projet.

D’autres motifs pourraient être également à l’origine des retards pour la mise en œuvre des régions individuelles de la part de certains bénéficiaires et qui sont notamment leurs revenus très modestes, ne permettant pas de respecter leurs engagements pour le remboursement de prêts bancaires.

Telle est la situation qui a été relevée lors de la séance de travail tenue sur l’initiative de M. Moncef Djenadi, chef de la daïra de Kherrata, qui a regroupé tous les intervenants dans ce projet, à savoir les responsables de l’agriculture, des forêts, de l’agence BADR, du président de l’APC et enfin de l’animateur, représentant des 62 bénéficiaires des actions individuelles.

Un regroupement qui a permis d’étudier toutes les contraintes qui entravent le lancement des travaux et de prendre les mesures appropriées à même de relancer la constitution et la formalisation des dossiers des bénéficiaires, d’assurer leurs suivis jusqu’à leur dépôt auprès de l’agence BADR.

Aussi, et à l’issue des interventions des responsables concernés qui ont permis de s’imprégner beaucoup plus dans les problèmes rencontrés par les bénéficiaires des régions individuelles qui s’articulent principalement autour des hypothèques exigées par la banque pour l’octroi de crédits, il a été décidé en commun accord avec les représentants de la BADR et de l’agriculture, sur proposition du chef de la daïra, la constitution du dossier réglementaire complétée par une attestation de possession de terres agricoles, à délivrer par l’APC, une attestation de disponibilité d’étables ou de locaux appropriés à faire viser par l’inspecteur-vétérinaire pour ce qui concerne l’élevage de cheptel.

Après avoir rappelé à l’assistance la nécessité d’instaurer une collaboration étroite entre les différentes parties et apporter toute l’aide et l’assistance nécessaire à ces agriculteurs dans les démarches de leurs dossiers, le chef de la daïra a demandé que ces derniers soient déposés au niveau de la daïra pour être déposés ensuite auprès de l’agence BADR de Kherrata en présence de son représentant, du subdivisionnaire de l’agriculture et de l’animateur du projet pour assurer une meilleure prise en charge de finalisation de cette opération, de relever les observations ou insuffisances éventuelles émises par les services de cette institution pour permettre de prendre les mesures qui s’imposent au niveau local, le cas échéant les soumettre aux autorités compétentes.

Il s’agit d’un projet de proximité de développement rural qui a certes connu des retards dans sa concrétisation en raison des réticences manifestées par les bénéficiaires des actions individuelles, notamment en ce qui concerne les biens à hypothéquer à titre de garanties, des contraintes objectives qui pourraient être levées par les instances compétentes en raison des caractéristiques particulières de la vie sociale en zone rurale, par un dispositif réglementaire adapté à la réalité sur le terrain, mais aussi et surtout cet agriculteur doit apporter sa contribution de développement de ses activités agricoles. On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre.

Slimane Zidane