De nombreuses grandes villes du pays et pas forcément des chefs-lieux de wilaya fonctionnent avec plus de six bureaux de poste et pour certaines à l’image des importantes métropoles, ce nombre est multiplié par deux voire même par trois. Mais, en la matière le cas de la wilaya de Bouira est vraisemblablement unique pour ne pas dire inadmissible ou incongru lorsque l’on sait que la ville de Bouira dont le nombre d’habitants est très important, ne possède que quatre bureaux de poste. De plus, en dehors de la recette principale située au centre-ville, les trois autres bureaux ressemblent beaucoup plus à des cages où l’espace et le bien-être du personnel et des usagers laissent grandement à désirer.
Concernant ces derniers, la majorité d’entre eux viennent des villes et des villages situés aux alentours du chef-lieu de la wilaya dans l’espoir de pouvoir effectuer leurs retraits.
Il faut dire aussi qu’à cause d’un manque flagrant de liquidités et une demande sans cesse croissante de la part des usagers, de nos jours arriver à retirer son argent dans la wilaya de Bouira est devenu un véritable exploit sinon une réelle prouesse si on ne connaît pas une personne de la maison à laquelle on peut glisser son chèque le matin avant l’ouverture ou durant les heures de pause.
« Cela fait cinq jours que je me rends à la poste pour retirer ma paie.
Je n’arrive toujours pas à le faire. Le bureau de poste ne désemplit jamais et les employés sont visiblement débordés par le nombre impressionnant d’usagers », s’indigne un usager rencontré dans le quartier de Draâ-El-Bordj. Celui-ci ne cessait de jurer à qui veut bien l’entendre qu’il avait dû emprunter de l’argent pour subvenir aux besoins de sa famille au moment où sa paie reste l’otage de la gabegie et de la désorganisation règnant aux sein de certains bureaux de poste dont le nombre insignifiant et les moyens disponibles laissent à désirer. A l’image des deux autres bureaux de poste du chef-lieu de la wilaya implantés ; l’un à l’Ecotec et l’autre aux 120 Logements, celui de Draâ-El-Bordj ne possède que trois guichets dont deux sont réservés aux retraits. Ceci étant, il faut souligner que durant la période des virements, les lieux (Ne dépassant pas les 30 m2) sont pris d’assaut avant même l’ouverture du bureau et l’attroupement des usagers bloque tout accès à l’intérieur. Autrement dit, il devient tout à fait impossible pour quelqu’un voulant acheter un timbre ou s’acquitter d’une facture de téléphone de pouvoir franchir le seuil de la porte et encore moins d’atteindre le guichet réservé à cet effet.
S. Soumia
