La réunion ordinaire du triumvirat de l’Alliance consacrera d’un commun accord un soutien à la révision constitutionnelle et de fait, un troisième mandat au Président, si l’on se fie aux prises de position au sein de cette coalition depuis son existence depuis 2004.
Le soutien d’Ahmed Ouyahia à ce projet, dont Abdelaziz Belkhadem, SG du FLN a fait son cheval de bataille depuis l’année passée, constitue de par son expression un consensus qui s’est dessiné dans les plus hautes sphères de l’Etat, un poids politique non négligeable pour ce « front ».
Le ralliement du RND à l’idée, après une temporisation de quelques mois, vient conforter le FLN dans sa « demande », mais, néanmoins il met le MSP dans une indécision qui pourra l’éjecter du fauteuil de membre de l’Alliance.
Les problèmes internes qui minent la formation du défunt Nahnah risquent de prendre de court son successeur, Soltani en l’occurrence. Le vent de contestation né au sein du MSP et mené par des grosses cylindrées, à l’instar de Menasra, Dane … constitue un danger permanent pour la survie politique de Soltani qui venait d’avancer la date du congrès afin de court-circuiter ses détracteurs.
Mais la nécessité de survie de l’Alliance en tant que coalition venue accompagner le programme du Président s’impose pour les trois chefs de partis. Le chef de file du MSP ne dérogera pas à la règle pour autant.
Il annoncera son ralliement dès demain, donc le parti islamiste de Hamas ne présentera pas de candidat pour les prochaines présidentielles. Reste à savoir si le soutien au troisième mandat pour le président Bouteflika épargnera à Soltani une chute vertigineuse dans sa propre formation, d’autant plus que les fidèles de cheikh Nahnah affûtent déjà leurs armes contre le successeur de leur chef historique.
Il est peu probable que le MSP n’annoncera pas son soutien au Président, la question de sa stratégie au sein de l’Alliance va changer de fait.
L’alignement adopté par l’actuel président du MSP aux thèses du pouvoir en place pourrait être supplanté par ses contradicteurs de revenir à une espèce de « soutien critique » sans se départir de sa stratégie d’entrisme. En d’autres termes, quelle direction représentera le MSP au sein de l’Alliance ? l’avenir nous le dira !
Mohamed Mouloudj
