Ce nouveau tronçon de la RN 9 sera réalisé le long de l’oued Agrioun, le premier ouvrage aura comme point de départ l’embouchure du tunnel n°03 (sens Béjaïa-Sétif) et le second à hauteur du pont « Laouader » pour rejoindre la RN 9 au niveau du virage situé à une centaine de mètres environ du branchement menant vers la cité de « Bour-Ouderauine ».
Cet évitement a été conçu de manière à contourner le centre-ville de Kherrata qui constitue un véritable goulot d’étranglement pour la circulation routière en raison d’un trafic très dense du fait que la RN 9 figure parmi les routes les plus importantes et la plus empruntée par sa situation géographique. Par ailleurs, ce projet de grande envergure démontre la volonté de la première responsable de la Direction des travaux publics de la wilaya de Béjaïa de donner à cet axe routier entre Béjaïa et la Sétif via Kherrata la place qui lui revient en tant que facteur de développement économique de toute la région, offrant par là même l’opportunité au secteur du tourisme de connaître le même essor en raison des énormes potentialités existantes dans cette partie de Kabylie allant du littoral, traversant les hautes montagne, les gorges du Chabet El Akhra et le lac d’Ighil Emda de Kherrata.
A cela s’ajoute la nécessité de moderniser le réseau routier a fin de répondre à une infrastructure de base qui doit répondre aux exigences de qualité et de sécurité pour les usagers, dans le souci d’assurer une meilleure prestation de service et une diminution extrême des accidents de la circulation qu’enregistre malheureusement la RN 9 laquelle nécessite un élargissement à double voies entre Souk El Tenine et Bordj Mira et la ville de Kherrata jusqu’à sa limite avec la wilaya de Sétif. L’autre projet non moins important retenu pour la ville de Kherrata et dont les études sont également terminées, concerne la réalisation d’un pont situé sur l’axe de la RN 9 à 200 mètres environ du siège de l’APC mais qui ne connaît pas encore un lancement des travaux, alors que le tronçon est situé dans une zone instable, en constant mouvement qui risque de provoquer non seulement la coupure de la circulation pour une longue durée, mais aussi l’isolement d’une partie de la ville avec toutes les conséquences aux plans économique et social de la région et de la population avec ses répercussions extra-muros, c’est donc souligner l’importance et l’urgence du démarrage des travaux avant qu’il ne soit trop tard.
Enfin la troisième opération à avoir fait l’objet d’études et non encore lancée est l’élargissement de l’ex-axe routier de la RN 9 dans les gorges du Chabet El Akhra et offrant un double avantage.
Ce tronçon réalisé vers la fin du 18e siècle, creusé tout au long des parois rocheuses et abruptes, sur une longueur de 7 km environ, constitue une voie routière active, mais sert également de déviation de la circulation en cas de fermeture des tunnels lors d’accidents ou de travaux d’entretien. Une opportunité donc qui s’offre pour sauvegarder le cachet touristique des gorges du Chabet El Akhra de Kherrata devenues tristement célèbres historiquement, du fait qu’elles symbolisent les opérations d’extermination dont a fait l’objet la population de Kherrata et de ses environs par les forces coloniales et la région étrangère un certain 8 mai 1945.
Cette même ville se prépare à commémorer le 63e anniversaire en lui donnant un cachet particulier à la hauteur de l’événement « synonyme de génocide ».
Les efforts déployés par le secteur des travaux publics pour moderniser et développer le réseau routier dans la daïra de Kherrata, nécessitent d’être accompagnés par d’autres mesures de la part du ministère de tutelle, notamment en ce qui concerne les moyens matériels d’intervention dont devrait disposer la subdivision des travaux publics de Kherrata, il est important de souligner qu’elle assure la gestion des tunnels des gorges du Chabet El Akhra sur 9 km, ce qui nécessite un entretien régulier, mais aussi des travaux de maintenance et de réparation des installations intérieures tels l’éclairage, la ventilation et autres interventions permettant d’assurer la sécurité de la circulation, sans oublier également et c’est très important, un chasse-neige pour le désenclavement des localités rurales isolées des communes de la daïra, lors des chutes de neige.
Slimane Zidane
