Dans un réquisitoire des plus acerbes contre le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, Cheikh Bouamrane, président du Haut Conseil islamique, (HCI), s’en est pris à la gestion de l’argent de la zakat et à la création de » Dar El Ifta « , une institution officielle chargée des fetwas, à l’instar d’El Azhar et d’Ezzitouna, qu’il assimile à une » diversion pour créer une organisation parallèle au HCI « , c’est ce qu’a déclaré le président du HCI, sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale, rapporté par la presse nationale. Cette question constitue la pomme de discorde entre le ministère et le HCI.
» Il faut que l’argent de la zakat soit destiné exclusivement aux pauvres et nécessiteux, l’investir est illicite « , a souligné cheikh Bouamrane, en précisant que » seuls ceux cités dans les versets coraniques peuvent en bénéficier « . Le cheikh a ajouté, dans le même sillage que, selon les Oulémas, » l’argent de la zakat peut être investi dans les domines des Wakfs « . A titre de rappel, des projets pour les jeunes ont été financés par l’argent collecté dans le cadre de la zakat.
Tout en reconnaissant que « ses déclarations » dérangeraient le ministère, il avoue que la notion de l’Ijtihad est récusée sur les questions traitées dans des versets coraniques ou par un hadith ». Le cheikh estime, par ailleurs que le ministère « dans son Ijtihad sur la question nécessite un débat plus large. »
» Il faut instaurer un débat entre le ministère et le Haut conseil islamique afin d’éviter encore plus de tapage « , a encore insisté l’hôte de la Chaîne I. Il a signalé, d’autre part que, le HCI est composé
» d’éminents » chercheurs algériens sans pour autant qu’ils soient associés aux affaires liées à la vie religieuse nationale, s’est-il désolé.
Abordant la » sensible » question de la dilapidation de l’argent de la zakat, le président du HCI a déclaré que » des terroristes bénéficient de cet argent « , et d’ajouter que » certains imams dilapident l’argent des mosquées « . Avec cette révélation, cheikh Bouamrane jette un vrai pavé dans la mare. Si cette déclaration venait à se confirmer, elle ne sera pas sans conséquences » graves » sur le ministère des Affaires religieuses qui a entamé la collecte de l’argent de la zakat à travers les mosquées. Ces « révélations » viennent après que l’Ambassade américaine à Alger avait, au cours des mois écoulés, attiré l’attention des pouvoirs publics sur la même question. Reste à savoir sur quels informations se base le HCI pour ses déclarations.
Par ailleurs, cheikh Bouamrane dit ne pas » exiger une solution impossible » du ministère, mais nous demandons, a-t-il dit, » une régulation » du moment que la question est sensible.
D’autre part, l’invité de la rédaction de la Chaîne I a rappelé les problèmes existant entre le Haut conseil islamique et le ministère avant la Constitution de 1996 qui a rattaché le Haut conseil à la présidence de la République.
Continuant son » diatribe » contre Ghlemallah concernant le projet de Dar El Ifta, qui n’arrive toujours pas à voir le jour, cheikh Bouamrane s’est dit contre la création » d’une institution parallèle à la nôtre « .
Cheikh Bouamrane a dit que les membres du HCI ont affirmé » leur opposition à ce projet pour le chef du gouvernement qui les a consultés à ce propos « . A propos de l’évangélisation, le cheikh a estimé que cette question existe depuis la colonisation française et elle se poursuit toujours. Il a ajouté que le nombre de convertis n’est pas encore connu, car, il est difficile à connaître.
Enfin le cheikh a évoqué les affaires liées à la pratique religieuse comme les prédicatrices, les prêcheurs …
Mohamed Mouloudj
