Le deuxième colloque algéro-français de psychanalyse a eu pour sujet «L’amour et la haine, névrose du trop, névrose du vide», voilà un thème peu habituel mais combien important, le problème de la névrose étant peu étudié dans notre pays. Il faut même dire que ce problème est tabou puisque au mot névrose se rattachent souvent les idées de trouble mental grave, voire de folie. Certes le névrosé se signale par des comportements pathologiques, comme une forte anxiété, des peurs immotivées ou des hallucinations mais on est loin du fou, du moins avec l’image que l’on se fait du fou : déraison, extravagance, agressivité… En fait, il est établi que le névrosé peut être parfaitement lucide de ses troubles mais qu’il ne parvient pas à les surmonter : c’est au médecin qui le traite de l’aider à cela. On aura souligné, au cours du colloque, que les névroses sont provoquées par des traumatismes qui remontent le plus souvent à l’enfance et comme les spécialistes le montrent, ces traumatismes sont souvent d’origine sexuelle. L’enfant, contrairement à ce que certains croient, en dépit des découvertes de la psychanalyse, a une vie sexuelle, des tendances sexuelles, dont le traitement social en fait, peut influencer son développement et peuvent causer des dégâts physiques irréparables. Aujourd’hui, à l’ère de la démocratie et de la transparence, il faut lever, sans fausse pudeur, le voile sur tous les maux qui affectent la société, il faut surtout, par une information à la portée du public, prendre conscience de la nature des comportements névrotiques pour apprendre à déceler leurs causes et éviter les traumatismes qui les provoquent, notamment dans l’enfance.
S. Aït Larba
