A l’instar des autres contrées de la région, cette année la campagne de fenaison s’est avérée insipide, suite au mauvais rendement en foin. Les agriculteurs qui tablaient sur une bonne récolte, surtout, suite à la chute de neige exceptionnelle et de fortes pluies qui se sont abattues durant le début de l’hiver, ont vite déchanté. C’est dans un air fastidieux et monotone que la campagne s’est déroulée. Cette situation est due, d’après certains agriculteurs approchés, à la période de gel qui a suivi les chutes de neige, et l’insuffisance des apports pulviométriques durant les mois de mars et avril. Du côté des éleveurs c’est l’affolement. A cette période de l’année, d’habitude la botte de foin se négociait entre 100 et 120 dinars au maximum, mais cette année, les prix se situent entre 250 et 450 et même à 500 dinars l’unité. Qu’en sera a-t-il durant la saison d’hiver, période de grande consommation de cette denrée. Aussi, la majorité des éleveurs ont préféré vendre leurs bêtes. Ce qui justifie la chute vertigineuse des bestiaux. Seules les bêtes grasses destinées à la boucherie continuent à se vendre cher. Même la production céréalière n’est pas épargnée. Les prévisions de la campagne moisson-battage de cette année sont revues à la baisse, et toujours selon les fellahs, c’est le déficit en pluviométrie durant mars et avril, période de formation de la graine, qui a engendré cette situation. Certains fellahs sont allés jusqu’à faucher leur champ d’orge, préférant le vendre comme fourrage que d’attendre la moisson. Mais ne dit-on pas que « le malheur des uns, fait le bonheur des autres ? » Alors que les fellahs sont abattus, les spéculateurs saisissent l’aubaine, achètent et engrangent tous azimuts, se frottent les mains et affûtent leurs crocs tels des chacals en attendant l’hiver pour écouler leurs marchandises au prix fort. Cette année, l’hiver risque d’être la saison des « vaches maigres ».
R. B.
