L’Intersyndicale de la Fonction publique réitère son mot d’ordre pour un débrayage national de trois jours, les 10, 11 et 12 du mois en cours, en signe de protestation contre, entre autres, l’élaboration du statut particulier de la Fonction publique » sans concertation avec les partenaires sociaux » et la nouvelle grille des salaires qui ne répond pas aux attentes des fonctionnaires. Lors d’une conférence de presse animée, hier, au siège du Snapap, à Alger, les représentants de l’intersyndicale ont indiqué que cette action a été décidée dès la fin du mois de janvier. Ils ont également décidé de poursuivre leur mouvement de grève, au cas où le gouvernement persiste dans son silence.
« Dans le cas où les pouvoirs publics demeurent indifférent à notre situation, la grève se poursuivra et s’amplifiera « , a menacé M. Boukhatta, porte-parole du CLA. Les participants, à cette conférence, ont, aussi, prévu un regroupement au niveau de la Chefferie du gouvernement, le dernier jour de la protestation, soit le 12 de ce mois. S’exprimant, lors de cette réunion, M. Saâdali, porte-parole du Satef a estimé que par le biais de cette action de protestation, les travailleurs de la Fonction publique vont exprimer leur ras-le-bol face à l’indifférence des pouvoirs publics à l’égard de la précarité galopante de leur situation sociale. » Au lieu de subventionner les produits de première nécessité – mesure électoraliste et conjoncturelle-, il faut subventionner les entreprises pour les encourager à produire « , a-t-il déploré. » Le pouvoir d’achat des travailleurs est en chute libre », a-t-il rappelé. L’Intersyndicale demande une nouvelle révision des salaires pour répondre à l’inflation et la reconnaissance des libertés syndicales. Sur ce dernier point M. Saâdali dira : » Nous sommes une chance pour la stabilité de l’Algérie. Les syndicats sont des éléments essentiels pour réguler les conflits sociaux « . » Nous ne sommes pas des ennemis du gouvernement, mais sommes contre la » hogra « , la marginalisation et la dictature ! « , a soutenu, pour sa part, M. Boukhatta.
Le recours, selon Saâdali, à la grève est devenu » inévitable » surtout après la consultation des syndicats du nouveau projet du statut particulier. « Nous avons été déçus par ce nouveau projet de statut particulier », lance-t-il, tout en dénonçant l’ »opacité » qui entoure ce projet, notamment en ce qui concerne le régime indemnitaire et le calcul des primes de rendement et de qualification. « Nous craignons sérieusement que certains acquis soient remis en question par les pouvoirs publics et particulièrement la prime de qualification », soulignera-t-il à ce sujet. L’Intersyndicale regrette, en effet, que le projet du statut particulier ne précise pas certains points qui constituent des revendications défendues par les enseignants comme la classification et les critères de calculs des primes de qualification et de rendement. De son côté, M. Hadj Smail, secrétaire général du SNPEPM a signalé que » les paramédicaux revendiquent l’application du système LMD « . Par ailleurs, l’Intersyndicale revendique également l’intégration des enseignants contractuels, la titularisation des vacataires et des contractuels avec la création de nouveaux postes d’emploi et enfin, l’instauration d’une pension de retraite décente, en harmonie avec le pouvoir d’achat.
Rappelons que l’Intersyndicale de la Fonction publique n’a pas souscrit au mouvement de la coordination de la Fonction publique, qui a eu lieu le 15 janvier dernier, alors que leurs revendications se rejoignent, notamment, l’érosion du pouvoir d’achat et la marginalisation des syndicats autonomes. Interrogé sur ce point, M. Saâdali a expliqué que cette position vis-à-vis de la Coordination, dans le sens où elle a trait à des » problèmes de fond « . Sans ambiguïté l’orateur a fait état du fait que au moment où » nous nous préoccupons des droits des travailleurs, d’autres tentent eux d’arracher des sièges… « .
Signalons, enfin, que le débrayage annoncé pour les 10, 11 et 12 février auquel a appelé l’Intersyndicale de la Fonction publique est composée de sept syndicats autonomes, à savoir le Cnapest, le CLA, la Satef, le Snapap, le Ceca, le SNPEPM et le SNTE.
Nabila Belbachir
