La subvention passe de 20 à 30 DA

Cette restauration gratuite entre dans le cadre de l’action sociale de l’Etat en direction de l’enfant scolarisé.

Cependant, avec un budget de fonctionnement sans commune mesure avec la cherté des denrées alimentaires et les produits d’entretien, les conseils d’administration des collectivités locales auxquels échoit la responsabilité d’assurer le bon fonctionnement de ces cantines peinent à trouver la formule idoine à même de garantir à l’enfant une ration alimentaire sinon équilibrée du moins correcte.

« Pour rentrer dans nos comptes, nous sommes contraints de limiter la consommation des aliments courants et de bannir les denrées chères. C’est à une véritable gymnastique financière qu’il faut s’adonner pour s’en sortir », soutient sans ambages un inspecteur des cantines de la ville d’Akbou. Depuis le premier janvier 2008, l’allocation journalière allouée par l’Etat par enfant et par repas est passée de 25 à 30 dinars. Bien qu’ayant accusé une légère hausse par rapport aux années précédentes, il parait pour le moins malaisé, avec une participation aussi dérisoire, d’assurer l’équilibre diététique et nutritionnel des repas. « L’Etat ne semble pas vouloir tenir compte de la flambés des prix des produits alimentaires. Au train où vont les choses, les cantines scolaires risquent tout bonnement de fermer, sauf à s’entêter à donner aux enfants des rations de plus en plus indigentes », suppute le directeur d’une école primaire de la région d’Ouzellaguen.

Quant à l’hygiène dans ces lieux de restauration, elle est à l’évidence mise à mal par le manque d’eau signalé dans nombre de cantines qui font face par ailleurs à une pénurie à répétition de produits d’entretien. Certains directeurs d’écoles primaires soutiennent que ce sont les établissements scolaires situés en zones éparses qui pâtissent le plus de ces insuffisances. Dans le fond, il est légitime de s’interroger si ce n’est pas en termes de conformité aux normes que l’équation devrait être posée, quand on est au manque de qualification du personnel de cuisine et l’inadéquation des locaux abritant ces cantines. Tout le monde vous le dira, cuisinier attitré dans une cantine scolaire est plutôt l’exception que la règle. Dans bien des cas, le préposé à la cuisine affecté par l’APC assure en parallèle l’entretien des classes ou le service de gardiennage selon le besoin. Dans les écoles situées en zones enclavées, les cantines ne sont généralement que des locaux pédagogiques aménagés et qui ne disposent, par conséquent, d’aucune commodité pour remplir cette fonction.

Un autre inspecteur des cantines scolaires officiant à Tazmalt nous a fait part de son étonnement de voir l’Etat disposer de tant d’argent et d’en investir si peu dans un créneau aussi important pour l’épanouissement de l’enfant et, partant, pour sa réussite scolaire : « La restauration en milieu scolaire ne doit pas être dissociée de l’acte pédagogique proprement dit. L’avenir de l’enfant en dépend. Un tel enjeu mérite que l’on s’y investisse davantage », nous dira-t-il.

N. Maouche