Le transport collectif de voyageur (TPV) est une activité d’une importance primordiale. Cette prestation est en effervescence perpétuelle, notamment depuis l’ouverture du marché dans les années 90 et son affectation au privé. Les moyens existent, les voyageurs aussi. Seulement, la question : « A quand un service de transport de voyageurs réguliers ? » demeure toujours sans réponse. Pour les usagers, la majorité des transporteurs sont des « ramasseurs d’argent » sans plus. Même si les opérateurs sont nombreux, on en trouve à tous les arrêts sans pour autant apporter un plus au voyageur contraint de faire des concessions et de subir des situations révoltantes. La majorité de la « clientèle » est silencieuse, le plus bavard des usagers dira, en substance, que le but est d’arriver à destination et chacun se rejette la balle. Voyageurs, transporteurs et administrations s’auto-accusent. Les exploitants de transport accusent la direction des transports de la wilaya pour la façon dont elle est gérée : l’activité demeure à leurs yeux très obscure et en deçà de ce qu’elle devrait être. Parmi toutes les préoccupations de ces transporteurs, il y a le sempiternel problème de la « carte d’horaire » ainsi que des dessertes, attribuées de manière peu équitable. On citera un cas de passe-droit : un transporteur public aura changé les horaires de travail deux fois en quinze jours. Dans les propos tenus par les opérateurs contactés, il ressort que la corporation serait régie sur la base de deux collèges : les nantis et ceux qui ne le sont pas. Pour mieux comprendre l’activité sans ses différents aspects, nous avons pris contact avec la Direction des transports de la wilaya, où nous apprendrons que pratiquement tout le territoire de la wilaya est couvert. Aucune zène ne demeure non desservie, selon un chef de service qui a souhaité l’anonymat joint par téléphone. Par rapport aux autres difficultés, celui-ci dira que « c’est aux citoyens de se défendre par le biais des APC et des associations et c’est à eux de signaler tout endroit souffrant d’un manque de transport ». Pour l’instant ce sont les transporteurs qui parlent à la place des citoyens. La réponse à la question relative à l’existence de « relais » entre l’administration et ses usagers professionnels, lesquels relai monnaient l’obtention des différents documents nécessaires à l’exploitation. Le même interlocuteur dira « les services de sécurité sont là pour mettre fin à toute malversation partout où elle est signalée ». Et d’ajouter « l’administration dans toute son application est là pour justifier de toute la légalité des actes administratifs entrepris depuis l’ouverture du transport au privé ». Il enchaînera sur le gel de l’attribution de lignes qui dure depuis quelques mois pour affirmer que, dès l’annonce du dégel, les dossiers seront étudiés avec toute l’attention voulue sans qu’aucune influence ni passion ne soit considérée. Il réitérera les tâches de son administration qui sont la régulation et l’aspect technique de la profession, signalant au passage une contradiction soulevée par les observateurs et réclamations de certains transporteurs, qui déclarent que leur axe est saturé et exigent l’arrêt de l’octroi de lignes nouvelles tout en demandant pour eux-mêmes des rotations supplémentaires. Un autre intervenant déplore la situation du chauffeur de taxi. Avec l’avènement du minibus, les taxieurs sont concurrencés de manière très forte, mais continuent d’exercer tant bien que mal. En taxi, en bus ou en minibus, Tizi Ouzou se vide comme par enchantement chaque jour à partir de 17 heures. Pourquoi ? La question reste pendante.
S. K. S.
