La kinésithérapie une spécialité médicale ignorée

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S’il y a une spécialité paramédicale que les citoyens ignorent, notamment les malades, c’est bien la kinésithérapie. Cette activité qui est à la fois indispensable et nécessaire pour les patients atteints de diverses pathologies, à savoir neurologiques, rhumatologiques, accidents de la circulation, etc… Il touche aussi les enfants atteints également de pathologie congénitale.

Cette spécialité qui n’est pas très ancienne, notamment en Algérie, n’a fait son “intrusion” qu’à partir des années 70 et n’est connue que dans les grands centres urbains. A Tizi Ouzou, par exemple, cette dernière n’existe que depuis 1983 avec l’ouverture d’un service de rééducation fonctionnelle au niveau du CHU (hôpital Bellaoua). Depuis les années 90, pas moins de quatorze (14) cabinets privés ont ouvert leurs portes dans la wilaya et rendent d’énormes services à la population locale et même des wilayas limitrophes. Pour en savoir un peu plus sur cette spécialité paramédicale, nous nous sommes rendus dans un cabinet de rééducation fonctionnelle dans la ville des Genêts, où M. Hamid Yettou, kinésithérapeute professionnel a bien voulu nous recevoir pour répondre à nos questions. Ecoutons-le.

S. K. S.

La Dépêche de Kabylie : C’est quoi la kinésithérapie ?

Hamid Yettou : La kinésithérapie est une thérapie qui consiste à guérir ou à traiter par le mouvement. Kiné = mouvement. Thérapie = traitement.

Depuis quand existe-t-elle en Algérie, notamment à Tizi Ouzou ?

Cette spécialité existe réellement en Algérie depuis le début des années 70 et à Tizi Ouzou depuis 1983 (CHU de Tizi Ouzou).

Dans quel établissement a-t-elle été pratiqué en premier ?

Au début des années 70. Cette spécialité a commencé à être exercée dans des grands hôpitaux d’Alger, à savoir le CHU Mustapha-Pacha, le HCI-ANP actuellement hôpital Maillot et au CHU de Douéra.

Il existe combien de cabinets de rééducation fonctionnelle privés à Tizi Ouzou ?

Actuellement, ils en existent six (6) au niveau de la ville de Tizi Ouzou et huit (08) autres à travers les communes périphériques : Azazga, Larbaâ Nath Irathen, Aïn El Hammam, Ouacifs, Ouadhias, Boghni, Draâ El Mizan et Draâ Ben Khedda. Au total quatorze (14).

Depuis quand êtes-vous installé à Tizi Ouzou ?

Notre cabinet a ouvert ses portes en 1991 et nous sommes parmi les premiers à exister à travers la wilaya.

Quels genres de malades recevez-vous dans votre cabinet ?

Nous recevons des patients présentant différentes affections : traumatologiques, rhumatologiques, neurologiques et autres affections relevant de la pathologie congénitale chez l’enfant. Nous recevons également des cas de traumatologie les plus importants liés à tous genres d’accidents, voies publiques, circulation et domestiques et même des traumatismes sportifs.

La kinésithérapie, est-ce une nécessité pour le malade ?

Oui, la rééducation fonctionnelle (ou la kinésithérapie) est plus que nécessaire, voire indispensable, car elle contribue à côté du traitement médical et chirurgical, au rétablissement de beaucoup de malades.

Le traitement kinésithérapeutique a tendance à se faire bien connaître au niveau de notre région.

Quels sont les soins que vous prodiguez à vos patients ?

Les soins que nous dispensons à nos patients sont : la rééducation fonctionnelle, les massages, la physiothérapie, la cryothérapie, l’électrothérapie et la gymnastique médicale.

Quelles sont les pathologies les plus courantes que vous prenez en charge ?

Les pathologies les plus courantes que nous prenons en charge sont diverses, mais la plus importante est la traumatologie, suivi de la rhumatologie (lombalgies, scatologies, onarthroses, polyarthrite, etc…) puis neurologique (paralysie neuro-musculaire).

Les cas les plus fréquents que nous recevons sont les accidents de la circulation et de la voie publique.

Que diriez-vous à tous ceux ou celles (malades) qui ignorent cette spécialité ou ne lui donnent pas d’importance ?

Le traitement kinésithérapique est d’une importance capitale pour le rétablissement de beaucoup de patients et pour leur réadaptation fonctionnelle pour peu qu’il soit prodigué par de vrais professionnels, chose qui n’est malheureusement pas le cas partout.

Un dernier mot peut-être ?

Je remercie votre sympathique journal de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer dans ce domaine, car c’est un domaine très sensible et de nos jours, on en parle pas suffisamment.

Interview réalisé par S. K. S.

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